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Articles

Affichage des articles du 2017

One for the road

Assis à la terrasse du café j'écoute et je regarde les musiciens. ils interprètent un standard de jazz, Georgia of my mind. Cette mélodie si souvent joué par ce groupe, me semble aujourd'hui orpheline. Il lui manque l'intonation enivrante et la chaleur des mots, qu'apportait avec ferveur, la voix de Lindsay. Cette histoire, je vais vous la raconter. Il y a maintenant quelques années, dans la torpeur d'un soir d'été, je décide d'aller écouter un duo anglais, qui interprète des morceaux de musique pop, au village voisin. les premiers mots chantés par l'un des garçons, à la crinière blonde et au charisme incontestable, me ravissent et accrochent mon attention. La soirée se passe attrayante à souhait, le public attentif et conquis, participe sans bouder son plaisir, au répertoire des deux amis. A la fin du concert, autour d'un verre de bière, je fais la connaissance de Lindsay et de son partenaire Robin. Tard dans la nuit nous parlons de mus...

Mes larmes de mots

Elles arrivent enfin ces larmes du destin. Tachant  la page blanche, de leurs formes disparates et noires, dégoulinantes et oppressantes, teintées de regrets. Elles me parlent de toi, de moi, de nous.  Je les observe , imprégner le papier de souvenirs douloureux,  remémorant celle qui m'a poussé vers la vie, celle qui, sans cesse m'a regardé me ressourcer à ses racines, construire mon avenir, élever mon esprit. Il me faut maintenant avancer seul, sans ce ventre protecteur qui a façonné ce que je suis, sans ce cordon  inaliénable qui permet à chacun de savoir d'où il vient. Les jours passent, elles coulent sur mon cœur ces larmes, imprimant dans ma chair l'odeur de l'absence, la peur de l'oubli. Je suis un orphelin,  face aux lendemains. Empli d'émotion, en manque de ses mains. Elles arrivent enfin mes larmes de gamin noyant dans les sanglots, mon trop plein de chagrin. Détrempée par mes pleurs, la page gondole, les mots se défor...

Tango,Talons, Bandonéon

Salle voûtée, cave pavée, je m’immisce dans tes pensées Lumière jaune et chaude encourage   mes visions Des jeux d’ombres se détachent, vacillants sur les murs de pierre Deux silhouettes, accrochées l’une à l’autre pour n’en faire qu’une, virevoltent sur un rythme saccadé, ponctué de chocs martelés Ils sont envoûtés Subjugué par leur délicatesse, je les fixe au travers de tes yeux, verts dorés Blotti au cœur de tes pensées, fasciné par ton envie de les aimer  Je m’identifie Je suis tango Elle, grande, mince et brune Les cheveux relevés en chignon, porte une fleur rouge pourpre, seule touche écarlate sur un ensemble noir Une robe coupée sur mesure enveloppe son corps vivant, son corps dansant Une taille serrée rehausse sa poitrine que l’on devine ronde Légèrement évasée, la robe découvre des plis bien ajustés qui donneront de l’aisance à ses mouvements, des plus calculés Nos regards descendent et découvrent ses longues jambes, en ba...

Ce que j'aurais aimé

J'aurais aimé la rencontrer, libre de son histoire, pour goûter sans partage aux saveurs des premiers moments. Délivrée des rancœurs, affranchie de ses défiances, envers moi, envers les hommes. J'aurais aimé lui raconter, m a soif de la découvrir, mon envie de la séduire. M on désir de l'épauler, de la soutenir sans faillir. La regarder à la dérobé, pour son charme, sa gaité, son  joli nez, voila mon droit. Les bras chargés de quelques fruits, je fuis, je suis épris. J'aurais aimé qu'elle me voie, comme un amant, l'approchant tendrement, pour étouffer tous ses tourments. Loin devant,  ces prétendants, que je croise à tout moment.  La regarder à la dérobé, pour ses grands yeux désabusés, pour sa voix aux tons narquois, voila mon droit. J'aurais aimé qu'elle arrête, de raconter sa vie, sa souffrance, à n'importe qui. Mais plutôt, qu'elle se confie à moi, qui la chéri. J'aurais aimé ne pas écrire,  c...

Le Seigneur du rail

Nicolas  est un seigneur du rail. D urant de longues années, il a traîné sa chevelure blanche, aux commandes des locomotives du sud de la France. Blessé dans sa chair par la mort de sa femme, il s'en est allé, pour la retrouver, las de sa vie qui ne le nourrissait plus. La perte de son épouse idolâtrée, quelques années plutôt, le rendait inconsolable. A ssis au fond de l'église, j'écoute l'une de ses filles raconter qui il était. -" Entier, peut-être trop, mon père n'aimait pas la médiocrité... ." C'est vrai que cet homme était entier, désireux du remarquable, droit dans ses bottes, déterminé ,  et ayant banni de son vocabulaire le mot reculer. Q uelques fois par le passé, il me racontait son plaisir à être impressionné, en présence d'une personne qu'il admirait, pour sa vie , son destin. Dans ces moments, il était ouvert à toutes les compréhensions, et du haut de ses un mètre quatre vingt-cinq, et de ses cent-dix kilos, il resse...

Le Rein

Je suis le Rein Ton hôte, clandestin promis à ton corps fatigué J'intègre, serein, ton destin  Déterminé, à filtrer tout tes regrets convaincu, aussi, de soulager tes peurs Prêt, pour assouvir tous tes secrets je m'implique, dans ta recherche d'un nouveau bonheur Je suis le Rein Ton Hôte, clandestin Venu d'un corps lointain Pour subvenir à tes besoins  résolu , à te servir, au plus loin Pour mettre un terme au rythme assassin de tes longues  journées de soins Qui ton laissée exsangue et sans faim Je suis le Rein Ton hôte , clandestin Venu d'un corps lointain fier de servir chaque matin Ce corps qui t'appartient Je te soulage et  te guide  vers de meilleurs chemins Celui des lendemains, de tous les possibles T'appartenir, me fais du bien Sans rejet de ta part, je crois en nous, j'y suis sensible Je suis ton Rein Ton hôte, clandestin Venu de ce corps lointain Heureux, de renaître  enfin JJR

Rieuse

En guise de bonjour, son sourire, affiché. Deux grands yeux, aux couleurs de la précieuse serpentine, portent ses premiers mots. Ils sont muets. Ils racontent l'envie, le partage,  le désir des autres. Je l'écoute  jouer un morceau classique, qu'elle ne fini pas, dévorée par la peur qui la paralyse. Pour la mettre en confiance, je lui parle de cette musique libre, qu'elle ne connaît pas, où la rigueur n'est pas de mise, où les accords flirtent longuement puis se mélangent langoureusement sur des tempos endiablés. elle dévore mes paroles, mais reste prisonnière de son apprentissage classique, rigoureux, solitaire. Il lui faudra du temps pour toucher au " lâcher prise", nous le savons tous les deux. Le temps passe, Rieuse, traverse les hauts et les bas, déterminée et pugnace. Elle aime le groupe, et découvre avec délectation le partage des sons, les plaisirs de l'échange, le travail de l' harmonie. Sa...

Mon bureau Ma valise

Longue, fine comme une liane, souple et féline à l'image de la panthère noire, elle chemine le long du couloir qui l'amène à sa table de travail, tirant derrière elle, son bureau, sa valise. Je la regarde passer avec délice. Aujourd'hui je le sais, elle va écouter, soutenir et diriger vers le meilleur, les âmes tourmentées qu'elle accompagne. J'ai apprécié m'entretenir avec elle, son sourire m'éveille, sa parole lente et chantante m'apaise. L'approcher m'a donné  envie d'être bien avec moi, de me pardonner de toutes mes imperfections, d'aller de l'avant sans trop y réfléchir. Oui, oui et oui j'ai trouvé plaisir à cette rencontre, même courte et pourtant si pleine, si simple. Juste à cueillir comme un fruit mur. Quelques fois, parce qu' elle est rêveuse et que ses souvenirs la tiennent, elle se laisse aller à me nommer Hervé. Confuse, elle s'excuse et s'en explique avec malice.  Oui, oui et oui, qu'elle ...