Accéder au contenu principal

Rieuse

En guise de bonjour, son sourire, affiché.
Deux grands yeux, aux couleurs de la précieuse serpentine, portent ses premiers mots.
Ils sont muets.
Ils racontent l'envie, le partage,  le désir des autres.
Je l'écoute  jouer un morceau classique, qu'elle ne fini pas, dévorée par la peur qui la paralyse.
Pour la mettre en confiance, je lui parle de cette musique libre, qu'elle ne connaît pas, où la rigueur n'est pas de mise, où les accords flirtent longuement puis se mélangent langoureusement sur des tempos endiablés.
elle dévore mes paroles, mais reste prisonnière de son apprentissage classique, rigoureux, solitaire.
Il lui faudra du temps pour toucher au " lâcher prise", nous le savons tous les deux.
Le temps passe, Rieuse, traverse les hauts et les bas, déterminée et pugnace.
Elle aime le groupe, et découvre avec délectation le partage des sons, les plaisirs de l'échange, le travail de l' harmonie.
Sa vie au quotidien s'en trouve bouleversée, bien- être et contentement  renaissent. C'est un printemps en avance.
En guise de bienvenue, je lui offre ma bienveillance, cachée.
Mes yeux perçants,  bousculent ses certitudes, fouillent dans sa fragilité, avec respect et retenue.
Ils racontent eux aussi, mon appétence au partage.
Ses mains, légères et délicates, plaquent les accords avec application.
Je pose dessus mes notes cuivrées, sauvages, quelques fois détonantes.
Je lui souffle qu'elle doit espérer, respirer avec force ses rêves.
Dans ce printemps qui s'annonce précoce, nous cherchons ensemble. 
Arrêter de vivre dans un contre temps, pour moi .
Pour elle, trouver le rythme renaissant.

JJR

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Ce que j'aurais aimé

J'aurais aimé la rencontrer, libre de son histoire, pour goûter sans partage aux saveurs des premiers moments. Délivrée des rancœurs, affranchie de ses défiances, envers moi, envers les hommes. J'aurais aimé lui raconter, m a soif de la découvrir, mon envie de la séduire. M on désir de l'épauler, de la soutenir sans faillir. La regarder à la dérobé, pour son charme, sa gaité, son  joli nez, voila mon droit. Les bras chargés de quelques fruits, je fuis, je suis épris. J'aurais aimé qu'elle me voie, comme un amant, l'approchant tendrement, pour étouffer tous ses tourments. Loin devant,  ces prétendants, que je croise à tout moment.  La regarder à la dérobé, pour ses grands yeux désabusés, pour sa voix aux tons narquois, voila mon droit. J'aurais aimé qu'elle arrête, de raconter sa vie, sa souffrance, à n'importe qui. Mais plutôt, qu'elle se confie à moi, qui la chéri. J'aurais aimé ne pas écrire,  c...

Une année de transition

Je suis retourné m'assoir au fond de mon jardin, pour essayer de me comprendre, pour réfléchir à un devenir. Il est vrai que cette année deux mille quinze, m'a quelque peu mal menée. Tout d'abord dans mon travail, ou tout c'est emballé quand mon idiot de collègue, certainement mal dans sa peau, c'est mis à médire sur moi en racontant des histoires rocambolesques. J'aime beaucoup les histoires, mais celles là je m'en serais bien passées. Le pire c'est qu'il a presque réussi à convaincre mon entourage professionnel avec ses idées saugrenues. Ce pauvre garçon, a fini par s’emmêler les pinceaux et a pris un congés maladie pour souffler. Il a bien raison, il faut qu'il se soigne . La toile qu'il essayait de peindre,  ne possède rien d'une œuvre d'art. Plutôt un pâté mesquin ou intelligence, bonté de cœur, sagesse, et professionnalisme non pas trouvés  leur place. Pour ma part, après un désarroi compréhensible, j'en retire une leçon....

Les mots du cœur

Tu as toujours aimé voyager Jeanne, ce plaisir de l’ailleurs tu y as goutté avec délectation. Certes avec tes petits moyens financiers, sans faire le tour du monde loin s'en faut, mais juste assez pour être heureuse dans ces moments là avec ton amour de mari. Pourtant, depuis le début de cette année, je ne sais par quelle fantaisie, tu t'es mis en tête de partir seule a la découverte des centres hospitaliers de la région. Cela fait bientôt six mois que tu n'as pas passé plus de quinze jours dans ta maison. Dans ces villégiatures obligées, Pierre ton amour d'homme peine a te suivre, il voudrait que tu t'arrêtes, que tu te décide a rentrer chez toi. Tes yeux de vieille femme usée par les maladies contredissent ses espoirs, lui confirment la dure réalité de tes maux de cœur. Moi aussi je voudrais que tu arrêtes ce voyage, il ne me plaît pas. N'as tu pas aimé nos escapades ces trois dernières années?. La Camargue, le Périgord, la suisse. Moi j'y a...