Je suis retourné m'assoir au fond de mon jardin, pour essayer de me comprendre, pour réfléchir à un devenir. Il est vrai que cette année deux mille quinze, m'a quelque peu mal menée.
Tout d'abord dans mon travail, ou tout c'est emballé quand mon idiot de collègue, certainement mal dans sa peau, c'est mis à médire sur moi en racontant des histoires rocambolesques. J'aime beaucoup les histoires, mais celles là je m'en serais bien passées. Le pire c'est qu'il a presque réussi à convaincre mon entourage professionnel avec ses idées saugrenues. Ce pauvre garçon, a fini par s’emmêler les pinceaux et a pris un congés maladie pour souffler. Il a bien raison, il faut qu'il se soigne . La toile qu'il essayait de peindre, ne possède rien d'une œuvre d'art. Plutôt un pâté mesquin ou intelligence, bonté de cœur, sagesse, et professionnalisme non pas trouvés leur place.
Pour ma part, après un désarroi compréhensible, j'en retire une leçon.
Les gens qui m'entourent ou qui m'entouraient professionnellement préfèrent le ragot sensationnel à l'estime, ou la reconnaissance. Grand bien leur face. Je quitterai ce travail bientôt, sans perdre de temps à me retourner, ou regretter les personnes que j'ai côtoyè.
Nous sommes au mois d’août, et il fait très chaud, je vais chercher un peu de fraicheur sous le vieux pommier qui borde la clôture. Je regarde avec complexité cette friche que je n'ai pas su entretenir, rendre pérenne. Tout y est redevenu sauvage, inhospitalier, livrée aux intempéries les plus rudes.
Il me faut pourtant retrouver l’énergie nécessaire à la création, à l'envie, aux rencontres.
Ce temps n'est pas encore venu, mes yeux de quinquagénaire restent rivés sur les fatalités de la vie, nécessaires mais douloureuses. La mort de proches parents est venu me déstabiliser un peu plus, m'annonçant si jamais je tentais de l'oublier les échéances futures.
Il est pénible pour moi de voir s’éloigner du quotidien de mes parents, vieux et malades, le désir de faire et d'être. Il est déchirant de constater qu'ils oublient petit à petit la compréhension de notre société de plus en plus difficile à appréhender. Il est irritant de les regarder sombrer dans la sédentarité qui limite leur accès aux rencontres . Il est attristant de remarquer l'oubli des plus jeunes, qui se sentent éloignés de tout ce dessèchement humain .
" Mes vieux parents" me rendent nostalgiques, ils m'obligent par leur abandon à me préparer à les voir partir. Je sais bien que tout cela est dans l'ordre des choses, mais comment imaginer de retrouver la beauté d'un jardin sans ces vielles graines qui sont souvent le joyaux de nos plates bandes.
Assis sur le vieux rondin, adossé au pommier, je perçois les gouttes de sueurs perler sur mon visage et le long de ma colonne vertébrale. Sous cette chaleur étouffante, j'écoute le chant de la terre, je l'entends respirer avec force et me susurrer sa mélodie de vie.
Cela me ramène à la musique, aux difficultés que notre formation a rencontré tout au long de cette année sans chaleur, sans bonté, sans indulgence aucune. Les mal-être de chacun dans le groupe a emporté loin de nous, avec force et dureté, la nécessitè d'une entente essentielle à l’émergence d'une musique qui nous relie et nous fait avancer dans ce monde extraordinaire. Celui des sons.
Je garde l'espoir de jours meilleurs pour continuer à souffler dans mon tube magique, le langage sans mots.
Je médite longtemps sur toutes ces contrariétés, jusqu'au moment ou le soleil s’efface à l’horizon et qu'une légère brise ce lève, faisant virevolter mes pensées sur un vent sans cesse changeant, qui m'oblige aux réflexions noires et aux souvenirs des meurtrissures de mon déroulé existentiel.
Que dois je conserver de ma vie de couple terminée?. Comment lui donner aujourd'hui une place mérité?.
Rebondir sur cette construction du passé qui ne m'a pas complétement rempli, mais qui m'a permis d'avoir l'espoir d'autres découvertes, n'ai pas aisé. Tant de questions auxquelles je ne sais toujours pas donner un sens recevable et qui pourtant me tiennent en vie. Non je ne suis pas mort, bien au contraire tout ce questionnement me stimule, m'oblige a l'envie de découvrir. Il faut juste du temps pour panser mes plaies, et réapprendre à sourire. Pour espérer à nouveau gouter aux joies simples, qui font que l'on se sent vivant.
Cette année deux mille quinze, me contraint aux changements d'attitudes, à l'altération des relations aux autres, au renouvellement de mes points de vues, au réaménagement de projets, à la refonte d’analyses.
Tout cela se fait dans la douleur et l'isolement, mais me mène à la renaissance. N'est ce pas là , le passage nécessaire à l'accomplissement de ce que l'on veut devenir?. Je le crois, je l’espère, je le veux.
Mes yeux se posent une dernière fois sur ce jardin que je n'ai pas su aimer avec une oreille attentive et chérir avec toute la fougue du bon jardinier. La nature a reprit ses droits, et je lui suis reconnaissant de me montrer une fois encore, le chemin à prendre.
Je referme à jamais le petit portail de bois de ce monde qui ne peut plus être, et sans me retourner, je dirige mes pas vers mon nouveau chemin de vie, il s'ouvre devant moi, il m'attends et me fait peur. Il est la seule alternative à cette année deux mille quinze qui n'a rien fait pour m’épargner.
jjr
Tout d'abord dans mon travail, ou tout c'est emballé quand mon idiot de collègue, certainement mal dans sa peau, c'est mis à médire sur moi en racontant des histoires rocambolesques. J'aime beaucoup les histoires, mais celles là je m'en serais bien passées. Le pire c'est qu'il a presque réussi à convaincre mon entourage professionnel avec ses idées saugrenues. Ce pauvre garçon, a fini par s’emmêler les pinceaux et a pris un congés maladie pour souffler. Il a bien raison, il faut qu'il se soigne . La toile qu'il essayait de peindre, ne possède rien d'une œuvre d'art. Plutôt un pâté mesquin ou intelligence, bonté de cœur, sagesse, et professionnalisme non pas trouvés leur place.
Pour ma part, après un désarroi compréhensible, j'en retire une leçon.
Les gens qui m'entourent ou qui m'entouraient professionnellement préfèrent le ragot sensationnel à l'estime, ou la reconnaissance. Grand bien leur face. Je quitterai ce travail bientôt, sans perdre de temps à me retourner, ou regretter les personnes que j'ai côtoyè.
Nous sommes au mois d’août, et il fait très chaud, je vais chercher un peu de fraicheur sous le vieux pommier qui borde la clôture. Je regarde avec complexité cette friche que je n'ai pas su entretenir, rendre pérenne. Tout y est redevenu sauvage, inhospitalier, livrée aux intempéries les plus rudes.
Il me faut pourtant retrouver l’énergie nécessaire à la création, à l'envie, aux rencontres.
Ce temps n'est pas encore venu, mes yeux de quinquagénaire restent rivés sur les fatalités de la vie, nécessaires mais douloureuses. La mort de proches parents est venu me déstabiliser un peu plus, m'annonçant si jamais je tentais de l'oublier les échéances futures.
Il est pénible pour moi de voir s’éloigner du quotidien de mes parents, vieux et malades, le désir de faire et d'être. Il est déchirant de constater qu'ils oublient petit à petit la compréhension de notre société de plus en plus difficile à appréhender. Il est irritant de les regarder sombrer dans la sédentarité qui limite leur accès aux rencontres . Il est attristant de remarquer l'oubli des plus jeunes, qui se sentent éloignés de tout ce dessèchement humain .
" Mes vieux parents" me rendent nostalgiques, ils m'obligent par leur abandon à me préparer à les voir partir. Je sais bien que tout cela est dans l'ordre des choses, mais comment imaginer de retrouver la beauté d'un jardin sans ces vielles graines qui sont souvent le joyaux de nos plates bandes.
Assis sur le vieux rondin, adossé au pommier, je perçois les gouttes de sueurs perler sur mon visage et le long de ma colonne vertébrale. Sous cette chaleur étouffante, j'écoute le chant de la terre, je l'entends respirer avec force et me susurrer sa mélodie de vie.
Cela me ramène à la musique, aux difficultés que notre formation a rencontré tout au long de cette année sans chaleur, sans bonté, sans indulgence aucune. Les mal-être de chacun dans le groupe a emporté loin de nous, avec force et dureté, la nécessitè d'une entente essentielle à l’émergence d'une musique qui nous relie et nous fait avancer dans ce monde extraordinaire. Celui des sons.
Je garde l'espoir de jours meilleurs pour continuer à souffler dans mon tube magique, le langage sans mots.
Je médite longtemps sur toutes ces contrariétés, jusqu'au moment ou le soleil s’efface à l’horizon et qu'une légère brise ce lève, faisant virevolter mes pensées sur un vent sans cesse changeant, qui m'oblige aux réflexions noires et aux souvenirs des meurtrissures de mon déroulé existentiel.
Que dois je conserver de ma vie de couple terminée?. Comment lui donner aujourd'hui une place mérité?.
Rebondir sur cette construction du passé qui ne m'a pas complétement rempli, mais qui m'a permis d'avoir l'espoir d'autres découvertes, n'ai pas aisé. Tant de questions auxquelles je ne sais toujours pas donner un sens recevable et qui pourtant me tiennent en vie. Non je ne suis pas mort, bien au contraire tout ce questionnement me stimule, m'oblige a l'envie de découvrir. Il faut juste du temps pour panser mes plaies, et réapprendre à sourire. Pour espérer à nouveau gouter aux joies simples, qui font que l'on se sent vivant.
Cette année deux mille quinze, me contraint aux changements d'attitudes, à l'altération des relations aux autres, au renouvellement de mes points de vues, au réaménagement de projets, à la refonte d’analyses.
Tout cela se fait dans la douleur et l'isolement, mais me mène à la renaissance. N'est ce pas là , le passage nécessaire à l'accomplissement de ce que l'on veut devenir?. Je le crois, je l’espère, je le veux.
Mes yeux se posent une dernière fois sur ce jardin que je n'ai pas su aimer avec une oreille attentive et chérir avec toute la fougue du bon jardinier. La nature a reprit ses droits, et je lui suis reconnaissant de me montrer une fois encore, le chemin à prendre.
Je referme à jamais le petit portail de bois de ce monde qui ne peut plus être, et sans me retourner, je dirige mes pas vers mon nouveau chemin de vie, il s'ouvre devant moi, il m'attends et me fait peur. Il est la seule alternative à cette année deux mille quinze qui n'a rien fait pour m’épargner.
jjr
Les graines semées de tes mains dans ce jardin seront toujours là. Nous ne pouvons tout entretenir à la fois mais ce qui est semé est semé. Tu es le seul à savoir quand et comment tu décideras à te laisser aller vers de nouvelles rencontres. Une année de transition qui t'auras donnée une leçon, saches en faire bon usage.
RépondreSupprimerOui, mon anonyme amie tu a certainement raison, mais qu'il est long et difficile le chemin du renouveau!. jjr
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