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Le Seigneur du rail

Nicolas  est un seigneur du rail.
Durant de longues années, il a traîné sa chevelure blanche, aux commandes des locomotives du sud de la France. Blessé dans sa chair par la mort de sa femme, il s'en est allé, pour la retrouver, las de sa vie qui ne le nourrissait plus.
La perte de son épouse idolâtrée, quelques années plutôt, le rendait inconsolable.
Assis au fond de l'église, j'écoute l'une de ses filles raconter qui il était.
-" Entier, peut-être trop, mon père n'aimait pas la médiocrité... ."
C'est vrai que cet homme était entier, désireux du remarquable, droit dans ses bottes, déterminé ,  et ayant banni de son vocabulaire le mot reculer.
Quelques fois par le passé, il me racontait son plaisir à être impressionné, en présence d'une personne qu'il admirait, pour sa vie , son destin.
Dans ces moments, il était ouvert à toutes les compréhensions, et du haut de ses un mètre quatre vingt-cinq, et de ses cent-dix kilos, il ressemblait à un enfant en admiration devant une belle histoire.
Fier de son corps, le port altier, il aimait danser. Inscrit dans une école de danse de salon, il entraînait dans un tournoiement et la chaleur de ses bras protecteurs, quelques belles femmes qu'il affectionnait pour leur esprit, pour leur beauté. 
Le reste du temps, il cherchait à reprendre sa respiration, pour récupérer bien-être, désirs, et envie de vivre.
Du fond de cette église, je constate amer, son abandon, sa fuite. Il est parti pour la rejoindre, pour lui offrir leur dernière danse.
Une valse à trois temps.
Un temps pour elle, un temps pour lui, un temps pour l'oubli.
Sur le parvis de cette église, près de sa dépouille, j'écoute les cloches annoncer le départ.
Son dernier train est entré en gare. Celui là, il n'aura pas à le conduire.
Juste à s'asseoir parmi tous ces gens qui l'on connu, les effacer de sa mémoire, et commencer  à deux son nouveau voyage.
JJR


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