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Articles

Affichage des articles du 2013

A Oleg

                           Je ne pensais pas, Alexandre, t’écrire un nouveau texte d’adieu. Le dernier racontait ton départ à la retraite. Je te parlais alors, de notre entrée, dans l'automne de nos vies.   Cette saison  nous l’affectionnions tous les deux et elle vient de te choisir pour t'emmener loin de nous. Ton départ précipité me donne mal au cœur mon ami. Que s’est-il passé pour que tu abandonnes tes enfants, tes proches, ton rucher ? Deux petites années de retraite, c'est peu pour celui qui comptait les jours de son départ et qui ne doutait pas d’occuper avec passion, ce nouveau temps libre. Mes questions vont  rester sans réponse, mais je ne veux pas te laisser,  sans te redire une dernière fois, le plaisir que j'ai eu à connaitre l'être singulier que tu étais. Toujours à t’émerve...

les Alpes a vélo, avec Christian et l'autre.

Lundi deux septembre, il est dix sept heures et nous venons juste d'arriver a bourg Oisans. Devant l'hôtel du Terminus, accueil  pour les cyclistes du monde entier, nous scrutons la montagne qui nous fait face. Christian cherche avec un brin d’anxiété, l'amorce d'un lacet qui nous permettrait de visualiser avec certitude le mythique col de l'alpe du huez, avec ses vingt et un lacets interminables et ses quatorze kilomètres de montée. Mais celui que tout cycliste  rêve de gravi r au moins une fois dans sa vie, reste discret presque invisible, désirant peut-être nous surprendre par sa beauté et ses pourcentages élevés. En désespoir de cause et pour calmer notre désir d'en découdre avec ce géant alpin, nous visitons bourg Oisans et sa multitude de magasins pour vélos. Ce village est incontestablement la mécque d u cycliste !.   Mardi trois septembre, huit heure trente du matin, nous roulons vers le départ du col en silence, tendus mais prêt a nous surpasser...

Les mots du cœur

Tu as toujours aimé voyager Jeanne, ce plaisir de l’ailleurs tu y as goutté avec délectation. Certes avec tes petits moyens financiers, sans faire le tour du monde loin s'en faut, mais juste assez pour être heureuse dans ces moments là avec ton amour de mari. Pourtant, depuis le début de cette année, je ne sais par quelle fantaisie, tu t'es mis en tête de partir seule a la découverte des centres hospitaliers de la région. Cela fait bientôt six mois que tu n'as pas passé plus de quinze jours dans ta maison. Dans ces villégiatures obligées, Pierre ton amour d'homme peine a te suivre, il voudrait que tu t'arrêtes, que tu te décide a rentrer chez toi. Tes yeux de vieille femme usée par les maladies contredissent ses espoirs, lui confirment la dure réalité de tes maux de cœur. Moi aussi je voudrais que tu arrêtes ce voyage, il ne me plaît pas. N'as tu pas aimé nos escapades ces trois dernières années?. La Camargue, le Périgord, la suisse. Moi j'y a...

Une leçon de vie

Réussir sa vie est une tache ardu. Réussir sa mort en est une autre. Nous ne choisissons pas le jour de notre décès,mais nous pouvons si nous le désirons,organiser nos funérailles. Il n'est pas facile d'imaginer le jour de ses obsèques,nous préférons souvent laisser cela a ceux qui vont nous survivre. Pourtant nous devrions nous faire un devoir de soulager  nos proches touchés par la peine, de cette prise en charge mortuaire, en les libérant de ce fardeau émotionnel. Pour cela il faut Juste  prendre le temps de décider comment nous voulons que notre corps disparaisse de cette terre,et mettre en scène notre mort pour laisser aux gens qui nous ont aimé un souvenir précieux. Cette expérience de deuil,je l'ai vécu il y a plusieurs années. Monique je l'ai rencontré dans le monde associatif,nous étions tous les deux administrateurs d'un club de prévention. Elle était originaire de Normandie,et vivait depuis plusieurs années déjà avec son fils et son ami dans le...

J'ai cru un jour que j'étais enceint....

Mon fils vient de naître, la sage-femme  le dépose sur le ventre de sa mère. Radieuse, épuisée par l'effort, elle contemple notre progéniture avec déjà dans les yeux abnégation et attachement. Je suis anéanti, je viens juste de comprendre ma non implication dans cet acte naturel de la vie. Je revois ce merveilleux instant où, tous les deux, nous avons posé nos regards sur le test de grossesse. Qu'elle était belle cette auréole brunâtre qui a emballé nos cœurs, sellé nos destins et transformé à jamais notre existence ! A ce moment-là, je me suis, moi aussi comme elle, senti enceint. Les semaines qui ont suivi ont commencé à transformer le corps et l'esprit de ma compagne. Je n’étais pas en reste, je ressentais, moi aussi, les profonds changements qu'occasionne la grossesse- pas comme elle bien-entendu, mais à ma manière d’homme qui désire au plus profond de son être, enfanter lui aussi. Les mois ont passé, porteurs pour la maman des petits désagrém...

Eliane

Éliane, tu es ma rencontre avec la trisomie, mais aussi ma tatie. Ensemble cousins cousines nous avons joués avec toi,  sans soucis sans chichis. Puis nous avons grandis, tu ne nous a pas suivi. Mon regard alors a changé. J'ai pensé que tu étais une sorte de fée, enfermée dans un monde peu peuplé ou tu étais reine.  Fonctionnent sans peine sur des rituels immuables. Tu me paraissais heureuse dans cette différence. J'ai même essayé de t'apprendre à lire , à écrire. Tu n'a jamais cessé de me sourire , mais des lettres et des mots tu n'as rien retenu. Quelques fois je t’emmenais dans les fêtes foraines, ton visage rond et fripé , aux yeux bridés, débordait de joie. Le mien passait de la peur a la honte d'être à tes cotés, puis terminait son expression sur une colère sourde face aux regards surpris et curieux qui te dévisageait sans pudeur. A l'adolescence comme nous tu voulais être amoureuse, tu t' inventais un préten...

Il était une fois une princesse...

"Il était une fois" est une phrase magique, le sésame qui ouvre la porte de nos imaginaires,celle qui permet de s’abandonner,de s'offrir a la narration d e l'histoire en oubliant pour notre plus grand bonheur, le principe de réalité. Y goûter reste pour moi un merveilleux  délice . Il était une fois, dans une vieille seigneurie du pays de Comminges,une princesse merveilleuse. Elle avait un cœur énorme,s'en était presque devenu un défaut.  Elle désirait plus que tout , donner  un caractère d'exception a sa vie.  il ne se passait pas un levé de soleil,sans qu'elle ne décide de vivre sa journée,comme un privilège. Il n'est pas simple me direz vous de donner un caractère extraordinaire au quotidien de sa vie. J'en convient moi aussi,mais pour elle il n'y avait rien de plus facile. Toutes les petites choses qui rythmaient chaque heure du jour prenaient une importance démesurée. Et je ne parle pas des rencontres qu'elle faisait. ...

Les raisins de ma colére

L'injustice est un sentiment ,qui  laisse un goût amer a l’âme. Rien n'est plus révoltant ,que d'être accusé d'un acte que l'on a pas commis. Ce matin là,je décide d'aller cueillir des rosés des prés au quartier de sainte germaine,situé à un kilomètre ou deux du village ou je vie. L’automne est bien avancé.Les vignes finissent de mûrir le raisin,les vendanges sont proches. Du haut de mes dix ans,chevauchant le vélo de ma mère,une cagette attaché sur le porte bagage,je file a vive allure vers les pâturages que l'on m'a indiqué pour je l’espère fortement cueillir le fameux agaricus campestris. La matinée avance sûrement vers les douze coups de midi,ma récolte est prometteuse. La cagette déborde de rosé. Soucieux de rester discret sur le lieu de ma cueillette,je recouvre d'un torchon le précieux butin. Cette pratique de ne pas  divulguer les places a champignons,je la tiens de mon père, qui m'a toujours dit qu'un bon cueilleur...

L..présumé coupable

Il est sept heure quarante cinq,nous sommes le dix huit février , il fait très froid et je roule vers le chef lieu du département. L..est convoqué pour une affaire de viol sur mineur devant la cour d'assises.Moi, je suis la personne qui le suit et l 'accompagne dans ce procès . Je suis occupé a conduire,il ne faut pas que nous arrivions en retard,il ne manquerait plus que ça!. Lui, il regarde le paysage comme s'il le découvrait pour la première fois. Pourtant nous l'avons faite a de nombreuses reprise cette route, pour l'enquête.Pendant deux ans L.. a rencontré  une multitude d'experts;enquêteurs en personnalité,psychologues,psychiatres,sans parler du juge qui instruit l'affaire. Je suis inquiet pour L.. car ce procès n'est pas sa première affaire,il a déjà été condamné pour les même griefs il y a quelques années. Les kilomètres défilent dans le silence,juste soutenus par  la musique qui passe a la radio. Nous arrivons bientôt dans le centr...

Blanche (ou les remords de mon père)

Nous étions allés la chercher chez une vieille dame du village,mon père et moi.Ma mère ne voulait pas en entendre parler,mes sœurs semblaient en avoir peur. La première fois que je l'ai vu, elle vivait dans un bocal a poisson rouge avec trois ou quatre de ses congénères.La vieille dame me demanda de m'approcher et de  choisir celle qui me plairait le plus. Un peu effrayé quand même,je me mis a examiner de plus prêt ces créatures a robe blanche et aux yeux rouges qui n'en finissaient pas de se croiser a toute vitesse dans leur tanière de verre. A mon grand désespoir,elle me semblèrent toutes identiques,et je n'arrivais pas a me décider pour en designer une. Devant mon désarroi,Pierre mon père montra du doigt celle qui repartirait avec nous.Elle avait la frimousse rieuse,le pelage luisant et surtout une longue queue sans poil d'un rose repoussant. C’était la plus jolie petite souris blanche qu'il m'avait été donné de rencontrer de ma vie, et nous venio...