Il est sept heure quarante cinq,nous sommes le dix huit février , il fait très froid et je roule vers le chef lieu du département.
L..est convoqué pour une affaire de viol sur mineur devant la cour d'assises.Moi, je suis la personne qui le suit et l'accompagne dans ce procès .
L..est convoqué pour une affaire de viol sur mineur devant la cour d'assises.Moi, je suis la personne qui le suit et l'accompagne dans ce procès .
Je suis occupé a conduire,il ne faut pas que nous arrivions en retard,il ne manquerait plus que ça!. Lui, il regarde le paysage comme s'il le découvrait pour la première fois.
Pourtant nous l'avons faite a de nombreuses reprise cette route, pour l'enquête.Pendant deux ans L.. a rencontré une multitude d'experts;enquêteurs en personnalité,psychologues,psychiatres,sans parler du juge qui instruit l'affaire.
Je suis inquiet pour L.. car ce procès n'est pas sa première affaire,il a déjà été condamné pour les même griefs il y a quelques années.
Les kilomètres défilent dans le silence,juste soutenus par la musique qui passe a la radio.
Nous arrivons bientôt dans le centre ville,les feux se succèdent,l' heure tourne.Il est huit heure trente,L.. doit se présenter devant ses juges a huit heure quarante cinq.
Je commence a me dire que nous allons être en retard,les feux nous arrêtent sans cesse.
Je propose a L.. de continuer a pieds,il ne reste que quelques centaines de mètres jusqu'au palais de justice.
Il doit être a l'heure!.
L.. saute du véhicule, je le regarde s’éloigner en courant vers son destin. Une moto le frôle,le chauffeur l'invective,L..manque de prudence il a failli se faire renverser.
Je comprend qu’il ai la tête ailleurs.
A mon tour, j'arrive essoufflé dans la salle ou va se dérouler le procès,j'ai eu beaucoup de mal a trouver une place pour stationner.
L..est déjà dans le box des accusés avec cinq autres personnes.L'un d'eux vient de la maison d'arrêt,il est menotté. Des gendarmes les encadrent.
Devant les six prévenus, leurs avocats,quatre hommes et une femme.En face,les greffiers,les avocats de la partie civile et le procureur de la république.
Dans la salle il y a une trentaine de personnes.C'est une belle pièce aux murs sein de boiseries qui datent du début du siècle,le plafond est peint d'une belle fresque représentant le jugement dernier.Le fond de la salle se termine par une coupole ou vont siéger le président du tribunal d'assise,ses assesseurs ainsi que les jurés.
La sonnerie retenti.Le greffier cri :"La cour". Nous nous levons, et je prend conscience du coté solennel,presque théâtral que nous allons vivre.
Le président nous convie a nous asseoir,il explique d'une voix monocorde les faits qui sont reprochés aux six accusés,il leurs demande de se positionner,coupable ou non coupable.Chacun répond comme il le peut,sans assurance,les yeux fuyants,presque apeurés.
Tous me paraissent frustes,ne semblant pas comprendre pourquoi ils sont la.
Le moment est venu pour la cour de choisir les jurés. A l'annonce de leurs noms,des gens dans la salle se lèvent pour rejoindre leurs places d’élus du peuple.Les avocats eux, tris sans complexe par deux mots tranchants,accepté ou récusé,les huit personnes qui formeront avec les trois professionnels de justice, la cour.
Les jurés sont maintenant choisis,ceux qui ont été déboutés quittent le tribunal.
Il reste moins d'une dizaine de personnes pour assister au procès.
Il est dix heures trente ,le président demande une levée de séance pour s'entretenir avec les huit jurés désignés.
L.. sort de son box,et vient vers moi.il me sourit,je suis embarrassé.A-t- il compris la gravité de sa situation,je lui conseille de ne pas sourire et lui explique qu'une attitude trop décontracté peut nuire au jugement que l'on va porter sur lui.
Il me demande de sortir pour prendre l'air.Nous déambulons dans les rues qui jouxtent le palais de justice sans parler ,juste soulagés de quitter pour un moment ce lieu de tourments.
L.. a rejoint sa place dans le box .Le greffier annonce la cour,nous nous levons, l' audience reprend.
Jusqu’à midi l'avocat de Jean Claude P père de l'une des victimes retrace son histoire.Puis l'audience est une fois de plus levée et reprendra a quatorze heure.
L.. et moi allons déjeuner non loin de la dans un petit commerce de restauration rapide.
Nous discutons peu,L.. n'est pas bavard.Dés que nous avons terminé nous repartons errer dans les rues de la ville.
L’après midi est bien avancée, les différents experts sont venus témoigner de la personnalité fragile de L..,ils le reconnaisse comme handicapé mental,avec une compréhension limité de ses actes.Je suis surpris d'entendre prononcer mon nom a plusieurs reprises,les enquêteurs de personnalités se servent de mes dires pour étayer leur réflexion sur L.. .Ensuite et jusqu’à la fin de cette première journée,les expertises des autres accusés s'enchaînent.
Il est dix sept heure ,Je ramène L.. chez sa sœur dans la ville voisine, ou il va dormir pour la durée du procès.
Seul,sur le chemin du retour je me remémore les moments d'importance de cette journée pour L.. .Je ne peux m'empêcher d' être inquiet,va t-il éviter une peine de prison?.
Les jours suivants,je n'assiste pas aux audiences.Mon collègue C. a pris le relais, il accompagne et soutien L.. dans son épreuve.
Le soir nous nous téléphonons pour nous informer de l’état d'esprit dans lequel il se trouve,s'il comprend bien les risques qu'il encours et s'il est prêt a y faire face.
Cinq journées ce sont déroulées,ou les différents protagonistes ont opposés et exposés leurs plaidoiries.
Aujourd'hui,nous sommes vendredi vingt deux février.C'est le dernier jour du procès de L.. .Je suis accompagné de sa compagne et de mon collègue C.
Nous ne serons pas trop de trois pour le soutenir s' il ne devais pas rentrer ce soir.
Cette journée s' annonce forte en émotion.
Les avocats de la défense se succèdent a la barre pour convaincre par leur plaidoyer,les jurés de la bonne foi de leurs clients.Ceux de l'accusation réclament une justice exemplaire.
Moi je suis séduit par le jeu d'acteur de tous ces représentants de la loi,plus ils jouent leurs rôles a la perfection, plus les accusés ont des chances de minimiser ou d'augmenter leurs peines.
La justice française serait-elle le lieu de toutes les mascarades?je me mets a penser que la véracité des affaires se trouve uniquement dans l'enquête et sa recherche des vérités.Le procès lui n'est que le lieu théâtral d'une négociation,d'une entente entre tous les protagonistes,ou chacun cherche a sortir au mieux son épingle du jeu.
La Vérité elle ne sort pas grandi de cet exercice pourtant nécessaire.
Le verdict vient d'être rendu par les jurés,les accusations de viol n'ont pas été retenues,trop invraisemblables,trop contradictoires.Seuls les attouchements ont donné lieu a la condamnation de deux des accusés.Les quatre autres sont acquittés.
Il est dix huit heure ,je rentre chez nous avec L.. innocenté des faits qui lui étaient reprochés, et sa compagne.Comme au voyage aller,Il scrute a nouveau le paysage,,en silence, la tête ailleurs.Moi je suis occupé a conduire, perplexe sur le déroulement de ce procès, soulagé de ramener L.. chez lui.Du coin de l 'œil Je le regarde reprendre doucement le cour de sa vie.
Lui il me sourit.
jjr
Le président nous convie a nous asseoir,il explique d'une voix monocorde les faits qui sont reprochés aux six accusés,il leurs demande de se positionner,coupable ou non coupable.Chacun répond comme il le peut,sans assurance,les yeux fuyants,presque apeurés.
Tous me paraissent frustes,ne semblant pas comprendre pourquoi ils sont la.
Le moment est venu pour la cour de choisir les jurés. A l'annonce de leurs noms,des gens dans la salle se lèvent pour rejoindre leurs places d’élus du peuple.Les avocats eux, tris sans complexe par deux mots tranchants,accepté ou récusé,les huit personnes qui formeront avec les trois professionnels de justice, la cour.
Les jurés sont maintenant choisis,ceux qui ont été déboutés quittent le tribunal.
Il reste moins d'une dizaine de personnes pour assister au procès.
Il est dix heures trente ,le président demande une levée de séance pour s'entretenir avec les huit jurés désignés.
L.. sort de son box,et vient vers moi.il me sourit,je suis embarrassé.A-t- il compris la gravité de sa situation,je lui conseille de ne pas sourire et lui explique qu'une attitude trop décontracté peut nuire au jugement que l'on va porter sur lui.
Il me demande de sortir pour prendre l'air.Nous déambulons dans les rues qui jouxtent le palais de justice sans parler ,juste soulagés de quitter pour un moment ce lieu de tourments.
L.. a rejoint sa place dans le box .Le greffier annonce la cour,nous nous levons, l' audience reprend.
Jusqu’à midi l'avocat de Jean Claude P père de l'une des victimes retrace son histoire.Puis l'audience est une fois de plus levée et reprendra a quatorze heure.
L.. et moi allons déjeuner non loin de la dans un petit commerce de restauration rapide.
Nous discutons peu,L.. n'est pas bavard.Dés que nous avons terminé nous repartons errer dans les rues de la ville.
L’après midi est bien avancée, les différents experts sont venus témoigner de la personnalité fragile de L..,ils le reconnaisse comme handicapé mental,avec une compréhension limité de ses actes.Je suis surpris d'entendre prononcer mon nom a plusieurs reprises,les enquêteurs de personnalités se servent de mes dires pour étayer leur réflexion sur L.. .Ensuite et jusqu’à la fin de cette première journée,les expertises des autres accusés s'enchaînent.
Il est dix sept heure ,Je ramène L.. chez sa sœur dans la ville voisine, ou il va dormir pour la durée du procès.
Seul,sur le chemin du retour je me remémore les moments d'importance de cette journée pour L.. .Je ne peux m'empêcher d' être inquiet,va t-il éviter une peine de prison?.
Les jours suivants,je n'assiste pas aux audiences.Mon collègue C. a pris le relais, il accompagne et soutien L.. dans son épreuve.
Le soir nous nous téléphonons pour nous informer de l’état d'esprit dans lequel il se trouve,s'il comprend bien les risques qu'il encours et s'il est prêt a y faire face.
Cinq journées ce sont déroulées,ou les différents protagonistes ont opposés et exposés leurs plaidoiries.
Aujourd'hui,nous sommes vendredi vingt deux février.C'est le dernier jour du procès de L.. .Je suis accompagné de sa compagne et de mon collègue C.
Nous ne serons pas trop de trois pour le soutenir s' il ne devais pas rentrer ce soir.
Cette journée s' annonce forte en émotion.
Les avocats de la défense se succèdent a la barre pour convaincre par leur plaidoyer,les jurés de la bonne foi de leurs clients.Ceux de l'accusation réclament une justice exemplaire.
Moi je suis séduit par le jeu d'acteur de tous ces représentants de la loi,plus ils jouent leurs rôles a la perfection, plus les accusés ont des chances de minimiser ou d'augmenter leurs peines.
La justice française serait-elle le lieu de toutes les mascarades?je me mets a penser que la véracité des affaires se trouve uniquement dans l'enquête et sa recherche des vérités.Le procès lui n'est que le lieu théâtral d'une négociation,d'une entente entre tous les protagonistes,ou chacun cherche a sortir au mieux son épingle du jeu.
La Vérité elle ne sort pas grandi de cet exercice pourtant nécessaire.
Le verdict vient d'être rendu par les jurés,les accusations de viol n'ont pas été retenues,trop invraisemblables,trop contradictoires.Seuls les attouchements ont donné lieu a la condamnation de deux des accusés.Les quatre autres sont acquittés.
Il est dix huit heure ,je rentre chez nous avec L.. innocenté des faits qui lui étaient reprochés, et sa compagne.Comme au voyage aller,Il scrute a nouveau le paysage,,en silence, la tête ailleurs.Moi je suis occupé a conduire, perplexe sur le déroulement de ce procès, soulagé de ramener L.. chez lui.Du coin de l 'œil Je le regarde reprendre doucement le cour de sa vie.
Lui il me sourit.
jjr
Commentaires
Enregistrer un commentaire