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Les raisins de ma colére


L'injustice est un sentiment ,qui  laisse un goût amer a l’âme.
Rien n'est plus révoltant ,que d'être accusé d'un acte que l'on a pas commis.

Ce matin là,je décide d'aller cueillir des rosés des prés au quartier de sainte germaine,situé à un kilomètre ou deux du village ou je vie.
L’automne est bien avancé.Les vignes finissent de mûrir le raisin,les vendanges sont proches.
Du haut de mes dix ans,chevauchant le vélo de ma mère,une cagette attaché sur le porte bagage,je file a vive allure vers les pâturages que l'on m'a indiqué pour je l’espère fortement cueillir le fameux agaricus campestris.
La matinée avance sûrement vers les douze coups de midi,ma récolte est prometteuse.
La cagette déborde de rosé.
Soucieux de rester discret sur le lieu de ma cueillette,je recouvre d'un torchon le précieux butin.
Cette pratique de ne pas  divulguer les places a champignons,je la tiens de mon père, qui m'a toujours dit qu'un bon cueilleur ne révèle jamais le lieu de provenance des champignons qu'il a ramassé.
Je rentre donc comme si de rien n’était à la maison,heureux et satisfait.
Cette attitude mais vous le comprendrez plus loin,laisse chez les personnes que je rencontre en rentrant chez moi,un sentiment d'interrogation.
Que pouvais je bien transporter a l’arrière de mon vélo ? .
 Le soir même ,ma mère prépare une belle omelette aux rosés des prés,nous la mangeons avec plaisir.
Je ne suis pas peu fier de régaler ma famille.
Deux jours passent,et au retour de de l'école,j'aperçois ma mère en grande conversation avec notre voisine madame Cazassus.
A la maison,celle-ci n'est pas comme d'habitude,je la sent lointaine,les regards qu'elle me lance sont porteur de reproches.
Que s'est-il  passé pour que son attitude change autant.
N'y tenant plus,je lui demande  de s'expliquer sur son mal être.
Elle me raconte alors son entrevue avec notre voisine.
On a vandalisé me dit-elle la vigne de madame cazassus,plusieurs pieds ont subi des saccages,et de nombreuses grappes ont été arrachés.
D’après les dires de la voisine,quelques personnes m'ont vu rôder à vélo aux alentours,et rentrer  avec une cagette suspecte au village.
 les charges contre moi sont accablantes,je suis un coupable tout désigné.
Bien entendu je cherche a rassurer ma mère,à la convaincre de mon innocence,je lui retrace au détail prés mon escapade à sainte Germaine,et lui répète avec douleur et des larmes plein les yeux ma non implication dans cet acte délictueux.
A mon grand découragement, je n'arrive pas a dissiper le doute qui l'emplit .
En désespoir de cause et pour sauver mon honneur je demande une confrontation avec madame Cazassus.
Je suis a ce moment là certain que ma bonne foi sera entendue,et fera force de vérité.
La réalité de cette rencontre fut tout autre.
Madame Cazassus, convaincue que j’étais le responsable du délit,confortée par ma présence devant elle,minimisa l'histoire,et entama un long discours sur les valeurs touchant aux biens d'autrui,sur les vertus de respect et d'honnêteté que chacun doit acquérir, puis termina sa morale en  considérant que ma présence chez elle était un aveu et une demande en pardon.
J’étais abasourdi ,anéanti par les paroles de cette femme,je cherchais les mots pour essayer de me défendre,mais ma voix tremblait de rage et d'impuissance devant tant de certitude et de mauvais vouloir à mon égard.
je sentais bien que quoique je dise ou face,rien ne viendrai effacer le sentiment de culpabilité que je venais de laisser planer par mon manque d' éloquence,de persuasion, mais surtout par mon âge.
 juste dix petites années.
Dans cette histoire, ce qui laissera  une blessure profonde en moi, et un sentiment de colère irrationnel  face a l'injustice;C'est le regard que ma porté ma mère à la sortie de notre entretien.
Même si elle n’était pas complètement convaincu de ma culpabilité,je comprenais désespéré qu'elle laissait s'insinuer définitivement en elle ce ressenti affreux.
Le doute.
                                             jjr

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