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Mon bateau ivre

A ceux qui partent, je dis bon vent
A ceux qui s'enfuient, je dis tant pis
Le vieil équipage lui, continu le voyage
Deux décennies qu'il vogue sur les mers
Celle de la douleur, de la peine, de la peur
Souvent sans capitaine, parfois même sans boussole
Navigation à vue pour ces vieux briscards, aux forts tempéraments
Rodés par les embruns, usés par les tempêtes, fatigués par les naufrages
Ils restent droits sur le pont, le regard toujours tourné vers l'horizon
A eux je dis bravo pour ce courage,rester n'est pas si facile
A ceux qui vont  arriver, je dis regardez bien
Écoutez attentivement l’âme du bateau, le chant des matelots
observez avec eux les blessures,  infligées par les nombreux écueils
Naviguer par gros temps ne s’apprend pas que dans les livres
A ceux qui sont devenus trop âgés au fil des marées, je dis faites escale
Le temps est venu de quitter le bateau, de poser pied a terre
D'oublier à jamais tous ces fou de bassan,  piaillant leur désarroi
Et fixer à l'est,  le soleil au lever,  illuminer de milles feux, tous ces nouveaux départs
Le cœur gros,  le vague à l’âme je regarde les mers,  folles de colère
Secouer sans ménagement  tout ces évènements
Me laissant à jamais seul devant les éléments déchaînés
à ceux qui partent , à ceux qui s'enfuient,  à ceux qui arrivent, je dis bonne chance 
A moi qui reste encore un peu, je souhaite l’espérance
Vigilant, à la proue du vieux navire social , je scrute au travers du brouillard des différences
Le jour béni de ma renaissance
                                                                              jjr

Commentaires

  1. La puissance de ces écritures est proche de celle d'Arthur Rimbaud. Poète visité très tôt dans mon adolescence laissant monter en moi les émotions qui laissent couler des larmes chaudes sans pouvoir pousser des cris. Il est si vrai que nous puisons nos forces dans les turbulences et que l'on s'approche toujours plus près des escales où l'on pourra enfin se reposer. Les marques de la vie s'inscrivent dans nos corps mais le visage reste illuminé par la FORCE du sourire et le regard vers les autres.
    Merci pour cette prose! A toi l' ARTISTE.

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