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Articles

Affichage des articles du 2014

A toi , l'anonyme

A toi, qui me fait voyager dans ton histoire. Qui me livre ta douleur, tes attentes. A toi qui me cri ton désespoir et que je ne veux pas voir.  J'offre ma gratitude. A toi, qui m'accompagne de tes mots sur chacun de mes textes. Qui bois la vie trop vite, de peur qu'elle ne s'échappe. j'offre un regard d'espoir. A toi qui viens vers moi, comme tu le faisais à l'âge de nos vingts ans. Pleine d'envie, d'amitié , de respect. J'offre l'odeur de mes mots. A toi, qui ce soir d’été, sous l'arche du pont d'Auriac, à aimé écouter les chants de la procession. Qui m'a montré sa foi, qui m'a confié son chemin de croix. J'offre mon contentement d'avoir été à tes cotés. A toi, qui te prépare à livrer une fois encore ce dur combat pour la vie. Qui cherche aujourd'hui, un nouveau souffle à ton existence. J'offre une oreille attentive. A toi , mon anonyme lectrice, ma camarade de lycée.  j...

Bien le bonsoir

Cette phrase, bien le bonsoir monsieur, tu me la chante à chaque fin de journée, quand tu montes te coucher. Elle raisonne en moi comme le glas des églises, tintements de cloches annonçant la mort. Notre mort. Comme le point final d'une histoire qui ne trouve pas son son épilogue. Comme le cri d'une bête blessée qui tait sa douleur, et fini par lâcher un râle déchirant d'incompréhension. Cette phrase, bien le bonsoir, raconte notre désespoir, notre incompréhension à cette histoire d'amour qui s'est tarie , sans vraiment s'annoncer, comme ce ruisseau qui au fil des étés trop chauds, caniculaires, s'est asséché sans crier gare. Cette phrase,  nous laisse démunis devant un avenir qui ne s’écrit pas, des habitudes de vie,  encrées et difficile à redessiner. Nous avons décidés pourtant de nous battre, non pas pour réparer , mais pour imaginer une suite à ce couple qui ne nous convient plus.  Pour continuer à valoriser tout ces moments partagés qui nous ont ...

En habit de Robinson

L'autre, je l'ai laissé dans mon quotidien. Ce quotidien qui ne me séduit plus, où aucune extravagance et acte singulier ne montre le bout de leur nez. Il sait lui,  faire face à tout cet ennui, à tous ces jours qui passent et se répètent presque à l'identique. Pendant de nombreuses années,  il a appris à porter cet habit sociétaire imposé par ses pairs. Il peut ainsi donner le change, côtoyer la rencontre et la communication, fonctionner sans problème et   continuer à espérer un chemin communautaire ou il partagerait , le plaisir des sens, le ressenti de l’existence. Il a encore cette force pour assumer l'histoire de sa vie, je lui fait confiance. Il est ce que je ne suis pas.  Notre accord est de longue date, dans une cohabitation difficile mais sans faille, je sais qu'il sera toujours là pour me préserver de la vacuité par ses regards perçants, ses propos spontanés et rudes, son sens de l'analyse et l' esprit guerrier dont il s’arnache parfois.  Il tr...

Regards Passagers

Nos regards se croisent, elle me reconnait. je la vois, je la bois,  je la regarde passer. Je ne la salut pas, seule ma main lui fait signe. Elle hésite, respire , et reprend son chemin. Dos à dos,  nous continuons nos routes. la sienne est bien tracé, la mienne plus incertaine. Je ne veux plus la rencontrer. Bonjour , bonsoir sont suffisants. Être plus prêt est insultant. Nos regards se croisent, je la reconnait. Elle me voie, me considère, et me regarde passer. Elle ne me salut pas, seul son coup d'œil m'interroge. J'hésite, respire , et reprend mon chemin. Dos à dos nous continuons nos routes. La sienne est planifié, la mienne reste à écrire. Elle veut toujours me rencontrer. Bonjour, bonsoir, sont suffisants Être plus prêt compromettant. Nos regards se croisent, on se reconnait. On se voit, on se toise, on se regarde passer. Laissant ainsi  nos pensées, à jamais s'oublier.        ...

La canne fusil

Mon regard se pose toujours sur elle quand je monte à l’étage chez mes parents.  La canne fusil de mon père accroché au mur de l'escalier,  produit sur moi le même effet de plaisir qu'au temps de mon enfance. Il est vrai qu'elle est originale et belle cette carabine neuf millimètres, sa crosse en forme de canne, argentée et ciselée d'arabesques fines,  incrustées de couleurs noires qui affirment les contrastes , lui donne toute sa force de séduction. Le canon d'un diamètre et d’une longueur nécessaire au soutien d'une personne cache bien son jeu, et  bien malin qui au premier regard peut soupçonner une arme à feu. Cette canne fusil appartenait à mon grand père, et mon père grand amoureux des armes en hérita. Il ne l'utilisa pourtant qu'une seule et unique fois. L' hiver de mes dix ans fut rigoureux en pays Commingeois.  Les mésanges, les rouges gorges, et les moineaux tenaillés par la faim, sortaient de leurs refuges pour chercher à se no...

Mon bateau ivre

A ceux qui partent, je dis bon vent A ceux qui s'enfuient, je dis tant pis Le vieil équipage lui, continu le voyage Deux décennies qu'il vogue sur les mers Celle de la douleur, de la peine, de la peur Souvent sans capitaine, parfois même sans boussole Navigation à vue pour ces vieux briscards, aux forts tempéraments Rodés par les embruns, usés par les tempêtes, fatigués par les naufrages Ils restent droits sur le pont, le regard toujours tourné vers l'horizon A eux je dis bravo pour ce courage,rester n'est pas si facile A ceux qui vont  arriver, je dis regardez bien Écoutez attentivement l’âme du bateau, le chant des matelots observez avec eux les blessures,  infligées par les nombreux écueils Naviguer par gros temps ne s’apprend pas que dans les livres A ceux qui sont devenus trop âgés au fil des marées, je dis faites escale Le temps est venu de quitter le bateau, de poser pied a terre D'oublier à jamais tous ces fou de bassan,  pia...

Les enfants de la Retirada

 En février 1939, suite à la chute de la seconde république en Espagne et à la répression phalangiste menée par le général Franco(  35.000 personnes exécutées);  le gouvernement français  fait construire à la hâte, des camps d’accueil de fortune sur son versant  Pyrénéen. En mars 1939,  264.000 républicains rejoignent les camps des Pyrénées orientales,  (Matemale, Canet,  Argeles sur mer,  Saint Cyprien.). A u total ,  plus de 450.000 opposants au régime du Général ont franchis la frontière franco- espagnole pendant ces premiers mois d'hiver. Paco et Raphaël sont les enfants de cet exode,  ils ont grandi en pays commingeois ,  ils y ont construit leur vie et se sont intégrés au peuple de France. Aujourd'hui ils reposent dans cette terre d'accueil, ou je les ai côtoyés durant de longues années, ou ils m'ont vu grandir et raconté leur histoire.  Celle de de la retirada, de cet exil forcé qu'ils ont assumé avec l e co...

J'ai écrit à la jeune fille

Elle n' est pas heureuse de sa vie, tout y est difficile.  Grandir n' est pas aisé, aimer presque impossible. Elle cherche le chemin. Celui de son destin. Pour en trouver l'entrée, elle est partie ailleurs. Au pays des gens qui sourient. Elle y a adoré la beauté de notre terre. Ses désirs audacieux. Ses rencontres fortuites. Mais du chemin, ou l'on marche avec assurance.  Sans se retourner. Emplie de toutes les certitudes. Elle n'a rien vu. Alors elle est rentrée, non pas déçu. Mais peu convaincue de toucher un jour aux absolus. J’écris à la jeune fille, pour l'alerter. Pour lui dire d'arrêter de chercher. Elle est le chemin. T on destin se construit au quotidien. Avec des touts et des riens. En se liant d'amitié. En libérant t a beauté. En chantant t on envie. En osant les plaisirs. Précieuse jeune fille, respire et court vers l' avenir. Avec espoir et appétit. J'ai écrit à la jeune fille, pour le lui dire. V...

Salobréña,le voyage des premières fois

                                              Collé contre la jupe de ma mère, je regarde approcher la voiture de mon oncle, Raphaël, une Simca Aronde de couleur beige, aux chromes rutilants, au bruit assourdissant. C'est la première fois  que je vais monter dans une automobile, c'est aussi la première fois que je vais laisser mes parents pour partir avec mon oncle,  ma tante et mes trois cousins vers une contrée lointaine: l’Andalousie Assis sur la banquette arrière entre Francis et jacques, mes deux  compagnons de voyage et de jeu, je réalise avec frayeur l'audace de mon acte. Je ne vais pas revoir ma mère tout un mois durant. Désemparé, je laisse rouler sur mes joues de grosses larmes silencieuses, sous le regard attendri de ma tante Marthe qui me réconforte de ses mots du mieux qu’elle le...