En février 1939, suite à la chute de la seconde république en Espagne et à la répression phalangiste menée par le général Franco( 35.000 personnes exécutées); le gouvernement français fait construire à la hâte, des camps d’accueil de fortune sur son versant Pyrénéen. En mars 1939, 264.000 républicains rejoignent les camps des Pyrénées orientales, (Matemale, Canet, Argeles sur mer, Saint Cyprien.). Au total, plus de 450.000 opposants au régime du Général ont franchis la frontière franco- espagnole pendant ces premiers mois d'hiver.
Paco et Raphaël sont les enfants de cet exode, ils ont grandi en pays commingeois, ils y ont construit leur vie et se sont intégrés au peuple de France.
Aujourd'hui ils reposent dans cette terre d'accueil, ou je les ai côtoyés durant de longues années, ou ils m'ont vu grandir et raconté leur histoire.
Celle de de la retirada, de cet exil forcé qu'ils ont assumé avec le courage et l' orgueil nécessaire au combat des idées libertaires.
Ils sont a mes yeux, les derniers guerriers de cette guerre atroce. Afin de leur rendre hommage et garder un souvenir ému de ces deux frères qui se sont battus toute une vie durant pour une belle idée des libertés, sur l'affirmation de leurs convictions les plus fortes, pour leur intégration réussie, pour que leur pays retrouve le chemin de la démocratie et se libère du joug de la dictature à jamais.
Je vais vous raconter un bout de leur histoire.
Paco, Raphael, antoinette et leurs parents remontaient depuis de long mois déjà de leur pays natal, l’Andalousie, vers la frontière française. Cette traversée du pays, a pied la plus part du temps n’était pas sans risques.
L'aviation franquiste mitraillait sans le moindre état d’âme toute colonne de réfugiés qui fuyait le pays. Ils leur fallaient des semaines entières pour parcourir une centaine de kilomètres, dans l’attente du bon moment, dans la recherche des informations sur les frappes et les rafles franquistes.
Ensuite venait les longs jours de" planque"chez les familles partisanes, les jeûnes et les cohabitation forcés dans les camps improvisés le long des routes, les marches de nuit effrénées pour rallier au plus vite les zones encore libre du joug phalangiste.
J'ai du mal a imaginer dans ce voyage sans retour, ou la mort rythme par sa présence les jours de fuites, ces deux enfants découvrant la guerre et les atrocités qu'elle engendre. Fini l'apprentissage bienveillant d'une scolarité au quotidien, terminé les jeux dans l'insouciance et la gaieté, annulé l’innocence nécessaire pour devenir un jeune adulte, sans blessures et regrets.
Je reste admiratif devant leurs soif de vivre et la pugnacité avec laquelle ils ont réussi à surmonter leur déracinement. A embrasser avec envie le mode de vie et la culture française. Et pourtant, il s'en est fallu de peu pour que tout bascule et face place au drame.
La famille des deux petits réfugiés venait d'arriver a Barcelone. Quelques jours plutôt leur mère, avait pris connaissance d' une lettre de son fils aîné Séraphin, engagé dans la marine. Il lui signifiait que le cuirassier de guerre auquel il appartenait, mouillerait quelques heures dans la rade catalane, dernier refuge du gouvernement républicain et qu'ils pourraient peut-être tenter de se retrouver. Elle mis tout en œuvre pour revoir ce fils et le serrer dans ses bras le moment venu.
Dans cette période trouble, rien n’était simple et facile, le jour de la rencontre avec Séraphin, un train à destination de la frontière française était annoncé, sans horaires précis. Que fallait-il faire, se précipiter à la gare le plus-tôt possible pour ne pas manquer le train de la liberté, ou attendre sur le port une éventuelle permission du jeune marin.
La mère de Paco et Raphël ne se posa pas la question une seule seconde, l'occasion de revoir son fils ainé vivant dans ce contexte de guerre primait sur tout. Elle décida avec son mari, de ne pas monter dans le train qui filait vers la France, et d'attendre à Barcelone la venue de leurs fils.
Bien lui en pris, et même si Séraphin retenu à bord ne pu débarquer pour embrasser sa mère, celle ci venait par sa décision , de sauver de la mort toute sa famille.
Le train en partance pour la France, se transforma en train de la mort, et fut mitraillé quelques heures plus-tard par l'aviation franquiste. Il ni eu aucun survivant.
Cette histoire, Paco me l'a livrée au détour d'une discussion, un jour de rencontre . Comme un message d'espoir en la vie, pour me renouveler sa fierté d'appartenir a ce peuple républicain expulsé de sa terre par ses propre frères. Pour me rappeler que la liberté de penser à toujours le goût du sang.
Je m'enorgueillis d'avoir côtoyé ces deux hommes, pour leurs convictions et leur courage; et quand je caresse des yeux nos Pyrénées qui se dressent avec force et beauté, je n’oublie jamais d'imaginer que juste derrière les cimes, des hommes se sont battus pour leur pays, pour rester libre de leur destinée.
Ils portent le nom de la souffrance, de la résistance, mais aussi du renouveau. Se sont les enfants de la RETIRADA.
jjr
Paco et Raphaël sont les enfants de cet exode, ils ont grandi en pays commingeois, ils y ont construit leur vie et se sont intégrés au peuple de France.
Aujourd'hui ils reposent dans cette terre d'accueil, ou je les ai côtoyés durant de longues années, ou ils m'ont vu grandir et raconté leur histoire.
Celle de de la retirada, de cet exil forcé qu'ils ont assumé avec le courage et l' orgueil nécessaire au combat des idées libertaires.
Ils sont a mes yeux, les derniers guerriers de cette guerre atroce. Afin de leur rendre hommage et garder un souvenir ému de ces deux frères qui se sont battus toute une vie durant pour une belle idée des libertés, sur l'affirmation de leurs convictions les plus fortes, pour leur intégration réussie, pour que leur pays retrouve le chemin de la démocratie et se libère du joug de la dictature à jamais.
Je vais vous raconter un bout de leur histoire.
Paco, Raphael, antoinette et leurs parents remontaient depuis de long mois déjà de leur pays natal, l’Andalousie, vers la frontière française. Cette traversée du pays, a pied la plus part du temps n’était pas sans risques.
L'aviation franquiste mitraillait sans le moindre état d’âme toute colonne de réfugiés qui fuyait le pays. Ils leur fallaient des semaines entières pour parcourir une centaine de kilomètres, dans l’attente du bon moment, dans la recherche des informations sur les frappes et les rafles franquistes.
Ensuite venait les longs jours de" planque"chez les familles partisanes, les jeûnes et les cohabitation forcés dans les camps improvisés le long des routes, les marches de nuit effrénées pour rallier au plus vite les zones encore libre du joug phalangiste.
J'ai du mal a imaginer dans ce voyage sans retour, ou la mort rythme par sa présence les jours de fuites, ces deux enfants découvrant la guerre et les atrocités qu'elle engendre. Fini l'apprentissage bienveillant d'une scolarité au quotidien, terminé les jeux dans l'insouciance et la gaieté, annulé l’innocence nécessaire pour devenir un jeune adulte, sans blessures et regrets.
Je reste admiratif devant leurs soif de vivre et la pugnacité avec laquelle ils ont réussi à surmonter leur déracinement. A embrasser avec envie le mode de vie et la culture française. Et pourtant, il s'en est fallu de peu pour que tout bascule et face place au drame.
La famille des deux petits réfugiés venait d'arriver a Barcelone. Quelques jours plutôt leur mère, avait pris connaissance d' une lettre de son fils aîné Séraphin, engagé dans la marine. Il lui signifiait que le cuirassier de guerre auquel il appartenait, mouillerait quelques heures dans la rade catalane, dernier refuge du gouvernement républicain et qu'ils pourraient peut-être tenter de se retrouver. Elle mis tout en œuvre pour revoir ce fils et le serrer dans ses bras le moment venu.
Dans cette période trouble, rien n’était simple et facile, le jour de la rencontre avec Séraphin, un train à destination de la frontière française était annoncé, sans horaires précis. Que fallait-il faire, se précipiter à la gare le plus-tôt possible pour ne pas manquer le train de la liberté, ou attendre sur le port une éventuelle permission du jeune marin.
La mère de Paco et Raphël ne se posa pas la question une seule seconde, l'occasion de revoir son fils ainé vivant dans ce contexte de guerre primait sur tout. Elle décida avec son mari, de ne pas monter dans le train qui filait vers la France, et d'attendre à Barcelone la venue de leurs fils.
Bien lui en pris, et même si Séraphin retenu à bord ne pu débarquer pour embrasser sa mère, celle ci venait par sa décision , de sauver de la mort toute sa famille.
Le train en partance pour la France, se transforma en train de la mort, et fut mitraillé quelques heures plus-tard par l'aviation franquiste. Il ni eu aucun survivant.
Cette histoire, Paco me l'a livrée au détour d'une discussion, un jour de rencontre . Comme un message d'espoir en la vie, pour me renouveler sa fierté d'appartenir a ce peuple républicain expulsé de sa terre par ses propre frères. Pour me rappeler que la liberté de penser à toujours le goût du sang.
Je m'enorgueillis d'avoir côtoyé ces deux hommes, pour leurs convictions et leur courage; et quand je caresse des yeux nos Pyrénées qui se dressent avec force et beauté, je n’oublie jamais d'imaginer que juste derrière les cimes, des hommes se sont battus pour leur pays, pour rester libre de leur destinée.
Ils portent le nom de la souffrance, de la résistance, mais aussi du renouveau. Se sont les enfants de la RETIRADA.
jjr
Commentaires
Enregistrer un commentaire