La religion nous invite a la rejoindre tout au long de notre vie,au travers de cette immuable question.D'où venons nous ou allons nous?.
Il n'est pas rare de voir des personnes athées devenir croyantes a la fin de leurs vie,espérant sans doute trouver des réponses au mystère de la mort et s'accrocher ainsi au possible espoir d'un renouveau.
Croire ou ne pas croire en une force supérieure,la question se pose tôt dans nos sociétés.Pour y répondre les différentes religions nous entraînent aux sein de leurs églises pour nous convaincre du bien fondé de l'être supérieur,auquel il faut porter attentions,abnégations,et espoirs futurs. En agissant ainsi nous obtenons le droit a prétendre a une nouvelle vie, plus riche,plus belle,mais seulement si nous en avons le mérite et surtout après notre mort. Longtemps je me suis interrogé sur ces questions existentielles.
Ma mère m'avait inscrit au catéchisme quand j'étais enfant,les sœurs étaient gentilles,et l' histoire de jésus, la plus belle histoire que l'on m' ai raconté.J'ai même été enfant de cœur dans l'église de mon village,c'est la que j'ai commencé a comprendre les fonctionnements de notre société,les gens qui avaient de l'importance,ceux qui en avaient moins.
Aux premiers rangs devant monsieur le curé étaient assis le châtelain,et oui nous avions dans le village un petit manoir, et a son coté le capitaine a la retraite avec sa femme en chapeautée .Venait ensuite monsieur le maire et quelques uns de ses adjoints, deux ou trois bigotes qui s'occupaient de l'Église et qui gonflaient de suffisance a chaque messe du dimanche, la femme du boulanger qui n'avait d' yeux que pour notre curé.Ensuite et seulement ensuite, venait les autres ceux qui comptaient moins.
Tout cela avait participé a me laisser indécis quelques années durant sur la nécessité de croire.Le combat pour moi était ailleurs.
Puis un jour ,au sortir de mon adolescence, alors que je pensais en avoir fini avec dieu,occupé a chercher ma place dans notre société, convaincu par les luttes ouvrières , je fis la connaissance de Roger.
Je venais de décrocher un petit travail pour l'été dans l'usine de textile ou travaillait mon père neuf heures par jour.Je faisais fonctionner sur un rythme de huit heures une machine aliénante et dangereuse.
Je coupais des wassingues .
Ce travail était pénible,il me fallait rester concentré sans cesse,la scie a ruban guettait mes mains pour me manger les doigts.
Roger lui était occupé a contrôler les métiers a tisser,et avait toujours pour moi un sourire compatissant.Il trouvait les mots réconfortants pour me soutenir et m'encourager.
Souvent a la fin de nos factions,il me ramenait chez moi.Je n'avais pas encore le permis de conduire et rentrer a vélo après toutes ces heures me laissait sans courage.
Durant ces trajets nous apprirent a nous connaître, a échanger sur la vie ,sur nos vies.
C'est alors qu'il me parla de son église et de sa foi.Il était évangéliste et n'avait de cesse que de chercher dans nos actions de tous les jours, les signes de la présence de dieu.
Cela avait pour effet de le rendre souvent ridicule.
Un matin a l'usine il perdit le bouchon de son thermos a café .Il le chercha sans succès plusieurs jours durant mais alors qu'il ne l'espérait plus dieu lui fit un signe, il retrouva posé en évidence sur un coin de table a plier les serpillières le fameux bouchon.
Un soir alors qu'il venait de me déposer devant chez moi après notre travail, nous bavardions comme souvent de sa foi,une étoile filante passa devant nos yeux.Il y vit le signe protecteur de dieu sur nos âmes.
Une autre fois ou il n'avait plus assez d'argent pour payer son loyer, le postier lui apporta une lettre.Un ami a qui il avait prêté de l'argent le remboursait.C'était bien là l'œuvre de son dieu.
Tout était prétexte pour parler de sa religion .La vie de Roger était rythmé par les actes miraculeux du tout puissant.
A chacune de nos discussions je laissais entendre a Roger mon scepticisme sur la foi, mais aussi mes espoirs de croire un jour en une force supérieure.
A chacune de nos discussions je laissais entendre a Roger mon scepticisme sur la foi, mais aussi mes espoirs de croire un jour en une force supérieure.
Il ne lui en fallu pas plus,pour qu'il cherche a me convaincre de le rejoindre dans son église.
Pour cela il se saisi de l'opportunité d'une grande rencontre, organisée par lui et ses amis évangélistes avant les fêtes de fin d'année et il m'invita a y participer.
Le jour venu,je me présente devant son église,Roger m'attendait a la porte d'entrée du temple.
Nous entrons tous les deux et allons nous assoir sur l'un des banc de la salle.Mon regard explore avec curiosité ce lieu de culte,il est sans fioriture et sans représentation aucune.
Une quarantaine de personnes sont présentent et prient.La salle me semble surchauffée,et j'étouffe un peu.
Devant nous il y a une scène,ou sont réunis une dizaine de personnes,la plus-part ont des instruments de musique et semblent venir d'horizons divers.
Il fait toujours très chaud ,au point que l'idée de partir me passe par la tête;mais Roger en accompagnateur zélé,m'explique que les personnes qui sont devant nous viennent des états-unis plus précisément du Texas, que ce sont tous des évangélistes repentis de leur fautes et qu'ils font une tournée internationale des temples évangélistes pour prêcher et chanter la bonne parole.
L'office débute par leur musique et des chants. Les voix sont belles et emplissent la salle par leur puissance. Les musiciens jouent juste et bien.Tous expriment par leurs visages radieux une béatitude qui fini par me mettre mal-alaise,et il fait toujours aussi chaud, serais je malade?.
Les chants s 'enchainent les uns après les autres plus forts plus appuyés.Malgré leurs beauté j' étouffe,je voudrais partir,mais je n'y arrive pas.
C'est alors que rentre en scène le pasteur texan,coiffé de son chapeau de cow-boy ,il harangue la salle de ses prêches et les ponctue sans cesse de amen tonie truand qui déchainent la ferveur des participants.
les uns se lèvent et montent les bras aux ciel en répétant sans cesse,(dieu est en moi) .
D'autres pleurent et rient en même temps,et je n'arrive pas a savoir s'il souffrent ou s'ils sont heureux.
Une mère fait un exploit a mes yeux,elle soulève son enfant handicapé et le tient maintenu les bras tendus pendant plusieurs seconde.
Je ne me sens pas bien du tout,je voudrais que cela arête.Pourtant il me faut subir le dernier assaut de ses combattants de l' église évangélique.
Maintenant et pour terminer l'office tous les protagonistes texans racontent leurs descentes en enfer et comment grâce a la foi ils ont pu s'en sortir.
Je suis anéanti, par la simplicité de leurs pêchés et la naïveté avec laquelle ils les énoncent.
Un jeune homme originaire d’Australie dit avoir épousé la foi évangélique pour racheter devant dieu les atrocités de ses ancêtres qui étaient cannibales.
Un autre, jeune et très bel homme se repent pour avoir séduit trop de jeunes femmes et les avoir fait souffrir.A présent tout cela est terminé.La foi emplie sa vie.
Un ancien alcoolique,demande pardon pour s’être mal conduit,un ancien drogué fait de même.
Puis d'autres parlent encore,pour se faire pardonner leurs fautes,tout cela accompagné par la voix du pasteur texan et ses infatigables amen qui maintiennent la salle dans un état de transe proche de l'hystérie.
Je n'ai jamais vu de ma vie autant de personnes,chanter,rire, pleurer et sembler aussi heureuses.
Je n'ai jamais vu de ma vie autant de personnes,chanter,rire, pleurer et sembler aussi heureuses.
Je n'en peu plus,je n'ai qu'une envie,sortir, fuir cet endroit qui pu la manipulation,et ou le dieu que j’espère semble bien absent.
J'ai revu Roger quelques jours plus -tard,je lui ai exprimé mon mal-être ,et mon incompréhension sur les comportements de ces croyants, ma détermination a m’écarter des religions et de leurs églises.
Il ne m'a pas compris;mais il priera pour moi afin que je trouve un jour le chemin de la foi.
Roger est devenu le pasteur de son église et quand nous nous rencontrons aujourd'hui,nous échangeons sur de nombreux sujets et plus du tout sur les religions. jjr
Salut JJ.
RépondreSupprimerIntéressant ce texte. je vois que je ne connais pas grand'chose de ton passé. C'est en tout cas très sympathique de le découvrir ici par bribes. Cela se lit de façon très agréable.
A bientôt l'ami.
Christian