J'ai deux amis qui aiment et font de la bicyclette depuis leur adolescence.
Joël et Christian, non jamais cessés de se lancer des défis à vélo, chacun voulant signifier à l'autre sa suprématie.
Ce lien de compétitivité et notre histoire commune sur les bancs du lycée, à fait naître une amitié qui trente cinq ans plus tard , n'a pas pris une ride.
Aujourd'hui, ces deux compétiteurs ont pris de l'âge et leur corps sait le leur rappeler. Mais dans leurs têtes, l'envie d'en découdre reste toujours aussi forte.
Je me souviens les lundi matin sous le porche du lycée, écouter avec enthousiasme leur échappée du weekend. Ils ne se lassaient pas de commenter leurs courses et le perdant du moment s'employait autant qu'il le pouvait à justifier son échec. Tout y passait, le temps qui n’était pas favorable, le manque de kilomètres pour être en forme, le vélo aux réglages incertain, le surplus de poids fatidiques dans nos cols pyrénéens. Ces deux là n’arrêtaient pas de ce provoquer, ils avaient même mis au point un parcours test dont le final trouvait son apogée au mythique mont de Galié.
Pour eux, la montée la plus abrupte, la plus dure et démoniaque qui soit en haut comminges et du haut leurs dix sept ans.
C'est peut être dans ces moments d'écoute que j'ai appris à aimer leurs combats et le vélo de route.
Il faut dire aussi que chez moi, Pierre mon père adorait le tour de France. Chaque année ou celui ci empruntait nos cols, nous nous précipitions pour voir passer et souffrir les coureurs du tour. Je garde en mémoire la force et le courage de ces hommes dans l'effort. Ce sont vraiment des athlètes hors du commun.
Les années ont passées et je me suis retrouvé moi aussi un jour à faire de la bicyclette. Les débuts furent laborieux, , en surpoids et sans aucunes connaissances de la pratique du vélo qui est tout un art si l'on veut en user avec efficacité.
Malgré mes débuts difficiles, beaucoup d'assiduité et d'entrainements, m'ont amené à constater une amélioration certaine dans mon exercice du vélo. Ces dernières années je me suis surpris à aimer grimper les cols, ceux des Pyrénées bien entendu, Tourmalet, plat d'adet, hautacam, balés, pailhére; mais aussi ceux des Alpes, izoard, galibier, télègraphe, madeleine, mont ventoux. Quel plaisir de gravir ces sommets de légende, et de découvrir les régions qui les accueillent.
Ma pratique régulière du vélo, m'offre aujourd'hui une grande satisfaction, celui de retrouver mes deux compères de lycée sur leur terrain de prédilection et de partager avec eux cette sensation commune, le plaisir de l'effort. Le partage de nouveaux projet cyclistes. Mais surtout, de pouvoir retrouver à trois , nos connivences d'adolescent, le goût du jeu et les enfantillages.
D’ailleurs pas plus tard que la semaine dernière, Christian à qui mes progrès n'ont pas échappés, me dis avec son air de gosse qui ne veux pas grandir, Pépé (oui je sais ce n'est pas terrible, mais c'est le surnom qu'ils m'avaient attribué vers l'âge de quinze ans, car mon faciès de jeune adulte présentait une barbe naissante du plus mauvais goût que je négligeais de raser régulièrement.) tu es prêt pour te mesurer au terrible mont de Galié.
Date fut donc prise pour mon intronisation au cercle très fermé des amis du mont de Galié. Joël , dit Géro pour ses imitations époustouflantes de notre ancien professeur de mathématique, retenu par ses obligations de travail ne pourra être là. Mais je ne doute pas un seul instant que ses pensées m’accompagnent dans les pentes les plus raides.
Le tracé du parcours , commenté par Christian dit" Le chevalier" pour sa verve empreinte de poésie et d'imagination me donne des frissons, de joie.
"- pour débuter me dit il, nous nous hisserons avec aisance au dessus de Cierp gaud, le long d'une petite route de montagne traversant de beaux hameaux du haut comminges fait de pierre et d'ardoises. Celle ci nous mènera sur les balcons de Signac belvédère époustouflant sur la chaine Pyrénéenne et le fond de la vallée de Luchon. Puis nous nous laisserons glisser jusqu’au village de cazaux layrisse ou nous entamerons la terrible montée de baren. Cette montée là me dit-il avec malice , je la crains! Pépé, je la crains."
Il ne m'en fallu pas plus pour prendre très au sérieux cet avertissement et laisser poindre en moi un zeste d' inquiétude. Pourtant ma volonté restait intacte, moi aussi comme eux je finirais ma course en vainqueur sur le dernier et tant redouté mont de Galié.
Au sommet, j'ai ressenti une grande fierté, celle d'avoir été invité dans leur rêve de gosses,, et partager à jamais un bout de leur histoire commune.
Le retour chez Christian, se fit dans la joie de ma réussite, et l’impatience d’informer par texto notre ami Géro.
Tout au long du repas, nous n'avons pas cessé d’échanger avec Joël, des " e mails" ou chacun d'eux se remémoraient leurs éternelles confrontations et complicités face au prestigieux mont .
Plus tard dans la voiture en revenant chez moi, j'ai savouré ce moment d'effort et de complicité avec mes deux amis. Les lacets pentus du mont de Galié m'ont fait redécouvrir à son sommet ce que les années avaient quelques peu estompé. Le désir d'une amitié retrouvée .
jjr
Joël et Christian, non jamais cessés de se lancer des défis à vélo, chacun voulant signifier à l'autre sa suprématie.
Ce lien de compétitivité et notre histoire commune sur les bancs du lycée, à fait naître une amitié qui trente cinq ans plus tard , n'a pas pris une ride.
Aujourd'hui, ces deux compétiteurs ont pris de l'âge et leur corps sait le leur rappeler. Mais dans leurs têtes, l'envie d'en découdre reste toujours aussi forte.
Je me souviens les lundi matin sous le porche du lycée, écouter avec enthousiasme leur échappée du weekend. Ils ne se lassaient pas de commenter leurs courses et le perdant du moment s'employait autant qu'il le pouvait à justifier son échec. Tout y passait, le temps qui n’était pas favorable, le manque de kilomètres pour être en forme, le vélo aux réglages incertain, le surplus de poids fatidiques dans nos cols pyrénéens. Ces deux là n’arrêtaient pas de ce provoquer, ils avaient même mis au point un parcours test dont le final trouvait son apogée au mythique mont de Galié.
Pour eux, la montée la plus abrupte, la plus dure et démoniaque qui soit en haut comminges et du haut leurs dix sept ans.
C'est peut être dans ces moments d'écoute que j'ai appris à aimer leurs combats et le vélo de route.
Il faut dire aussi que chez moi, Pierre mon père adorait le tour de France. Chaque année ou celui ci empruntait nos cols, nous nous précipitions pour voir passer et souffrir les coureurs du tour. Je garde en mémoire la force et le courage de ces hommes dans l'effort. Ce sont vraiment des athlètes hors du commun.
Les années ont passées et je me suis retrouvé moi aussi un jour à faire de la bicyclette. Les débuts furent laborieux, , en surpoids et sans aucunes connaissances de la pratique du vélo qui est tout un art si l'on veut en user avec efficacité.
Malgré mes débuts difficiles, beaucoup d'assiduité et d'entrainements, m'ont amené à constater une amélioration certaine dans mon exercice du vélo. Ces dernières années je me suis surpris à aimer grimper les cols, ceux des Pyrénées bien entendu, Tourmalet, plat d'adet, hautacam, balés, pailhére; mais aussi ceux des Alpes, izoard, galibier, télègraphe, madeleine, mont ventoux. Quel plaisir de gravir ces sommets de légende, et de découvrir les régions qui les accueillent.
Ma pratique régulière du vélo, m'offre aujourd'hui une grande satisfaction, celui de retrouver mes deux compères de lycée sur leur terrain de prédilection et de partager avec eux cette sensation commune, le plaisir de l'effort. Le partage de nouveaux projet cyclistes. Mais surtout, de pouvoir retrouver à trois , nos connivences d'adolescent, le goût du jeu et les enfantillages.
D’ailleurs pas plus tard que la semaine dernière, Christian à qui mes progrès n'ont pas échappés, me dis avec son air de gosse qui ne veux pas grandir, Pépé (oui je sais ce n'est pas terrible, mais c'est le surnom qu'ils m'avaient attribué vers l'âge de quinze ans, car mon faciès de jeune adulte présentait une barbe naissante du plus mauvais goût que je négligeais de raser régulièrement.) tu es prêt pour te mesurer au terrible mont de Galié.
Date fut donc prise pour mon intronisation au cercle très fermé des amis du mont de Galié. Joël , dit Géro pour ses imitations époustouflantes de notre ancien professeur de mathématique, retenu par ses obligations de travail ne pourra être là. Mais je ne doute pas un seul instant que ses pensées m’accompagnent dans les pentes les plus raides.
Le tracé du parcours , commenté par Christian dit" Le chevalier" pour sa verve empreinte de poésie et d'imagination me donne des frissons, de joie.
"- pour débuter me dit il, nous nous hisserons avec aisance au dessus de Cierp gaud, le long d'une petite route de montagne traversant de beaux hameaux du haut comminges fait de pierre et d'ardoises. Celle ci nous mènera sur les balcons de Signac belvédère époustouflant sur la chaine Pyrénéenne et le fond de la vallée de Luchon. Puis nous nous laisserons glisser jusqu’au village de cazaux layrisse ou nous entamerons la terrible montée de baren. Cette montée là me dit-il avec malice , je la crains! Pépé, je la crains."
Il ne m'en fallu pas plus pour prendre très au sérieux cet avertissement et laisser poindre en moi un zeste d' inquiétude. Pourtant ma volonté restait intacte, moi aussi comme eux je finirais ma course en vainqueur sur le dernier et tant redouté mont de Galié.
Au sommet, j'ai ressenti une grande fierté, celle d'avoir été invité dans leur rêve de gosses,, et partager à jamais un bout de leur histoire commune.
Le retour chez Christian, se fit dans la joie de ma réussite, et l’impatience d’informer par texto notre ami Géro.
Tout au long du repas, nous n'avons pas cessé d’échanger avec Joël, des " e mails" ou chacun d'eux se remémoraient leurs éternelles confrontations et complicités face au prestigieux mont .
Plus tard dans la voiture en revenant chez moi, j'ai savouré ce moment d'effort et de complicité avec mes deux amis. Les lacets pentus du mont de Galié m'ont fait redécouvrir à son sommet ce que les années avaient quelques peu estompé. Le désir d'une amitié retrouvée .
jjr
Et, "comme au bon vieux temps", je suis à l'écoute de votre partage car avez-vous oublié que nous aussi les filles du lycée appartenant à votre clan écoutions vos échapées belles du week-end. Ah! oui, nous y avions droit. Sans doute selon les lundis matin avions nous envie d'y participer surtout si l'on voulait se faire remarquer par l'un des intrépides sportif. Car ne faisaient-ils pas tout ce qu'il fallait pour nous éblouir... On adorait ça bien sûr!
RépondreSupprimerQuel plaisir donc de savoir que vous vivez encore cela comme des gosses et hop! je remonte ce soir le temps grâce à vous. MERCI LES GARS!
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RépondreSupprimerThis post actually made my day. Yoou can not imagine just how much time I had spent
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RépondreSupprimerAlors là , je suis sur le c.. . Je viens de lire tes petites histoires dont certaines m'ont mis la larme à l'œil ! C'est génial ce que tu écris quoique un peu triste parfois à mon goût , car tu le sais je ne me pose pas autant de questions que toi et mon âge mental s'est bloqué à ces 17 ans dont tu fais référence ! Malgré tout encore un grand bravo à toi , tu m'étonneras toujours ! Bonne nuit Pépé et à très bientôt .
RépondreSupprimerChapeau bas!!!! le style ,la syntaxe,l'équilibre du texte ,etc ,etc avec en plus une élégance sans fioriture pour dire à ses amis qu'on les aime depuis longtemps sans en faire des tonnes !!!quelle allégorie à la camaraderie et quelle fierté pour les concernés de rencontrer un personnage rare d'une profondeur d'âme si savamment cachée........
il ne nous reste plus qu'à cultiver encore longtemps cette amitié que tu dis retrouvée (c'est vrai),mais les braises du feu se raniment souvent d'un légère brise pour laisser place à un feu flamboyant qui peu durer éternellement et c'est ce que nous nous emploierons à cultiver;nous serons les Prométhée de notre amitié partagée........