Nous
nous sommes rencontrés lors de ma première rentrée scolaire. Nous devions être,
tous les deux, dans notre sixième année.
Macoco
venait d’Afrique, où il avait vécu avec ses parents dans une case faite de
terre et de chaume.
Là-bas,
il passait ses journées à se promener et à jouer dans la savane.
Il
lui arrivait quelques fois de croiser la girafe au long cou, majestueuse et
précieuse dans sa démarche ou encore d'approcher, près du grand fleuve, une
famille d'hippopotames qui ouvraient grand leur gueule pour marquer leur
territoire.
Mais
bien souvent, Macoco, restait au village. Il aidait sa mère et son père à ramasser le bois, à nettoyer et balayer la
case où ils vivaient tous ensemble.
A
cette époque, je ne connaissais rien de l'Afrique et j'adorais écouter Macoco
me livrer ces merveilleuses aventures peuplées d’animaux sauvages.
Pourtant
chaque matin à l'arrivée en classe, j'en avais gros sur le cœur
d'abandonner ma mère. Mes yeux s'embuaient de larmes jusqu'au moment où Macoco
s'asseyait près de moi pour me décrire les fabuleuses histoires de son pays.
Alors seulement, j’arrêtais d'avoir peur de la maitresse et de mes petits
camarades. J’étais avec mon ami.
Le
temps s'est écoulé, son souvenir et l’amitié que je lui porte sont restés
intacts. Il m'a appris les lettres et les mots qui invitent aux voyages.
Quand
on me demande aujourd'hui s'il m'arrive de le revoir, je réponds toujours avec
beaucoup de malice: "La vie nous a séparés. Moi j'ai choisi de grandir,
Macoco, quant à lui, a préféré rester avec ses parents dans les pages de mon
premier livre de lecture et d’écriture".
JJR
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