C'est l'hiver, il fait froid dehors, la nuit étend toujours ses ailes protectrices sur nos âmes endormies .
Je sors de ma torpeur avec difficulté et je le vois face à moi.
J'ai presque failli ne pas le reconnaitre.
J'ai presque failli ne pas le reconnaitre.
C'est bien lui pourtant, il a changé me semble t-il. Depuis le temps c'est sur il s'est ridé.
Il a perdu ce regard perçant qui intimidait tant les personnes a qui il s'adressait. Il semble vide de tout espoir. Il me peine.
Je m'empresse de lui parler du passé, pour le soulager.
De ce passé de tous les possibles, ou nos têtes étaient emplis de projets et d'envies, ou nos échecs nous fortifiaient, ou tout pouvait recommencer sans fin.
De ce passé de tous les possibles, ou nos têtes étaient emplis de projets et d'envies, ou nos échecs nous fortifiaient, ou tout pouvait recommencer sans fin.
Lui , il me raconte sa vie du milieu, celle des constructions, des aboutissements qui lui laissent un goût amer, une grande insatisfaction.
Il s'est perdu j'en suis certain.
Comment cet homme, qui était si curieux des autres, qui aimait tant comprendre, reste aujourd'hui sans voix.
Il ne sait plus crier ses désespoirs, il ne sais plus hurler sa rage.
Il s'est perdu j'en suis certain.
Comment cet homme, qui était si curieux des autres, qui aimait tant comprendre, reste aujourd'hui sans voix.
Il ne sait plus crier ses désespoirs, il ne sais plus hurler sa rage.
Il commence même à arrêter de se battre. Un comble pour cet aficionado du combat.
Pour ne pas sombrer, il se réfugie dans les mots. Il les trouvent beaux, rassurants. Ils lui parlent en amis toujours vrais et réfléchis, ils vont a l' essentiel. Ils sont le voyage vers les absolus.
Il me faut le quitter a présent, les passages du rasoir effleurent mon visage une dernière fois. Je le regarde s’éloigner de moi, emportant son mal être son désespoir.
C'est l'hiver, dehors il fait froid, le jour s'est levé, les rayons du soleil affleurent à l'horizon, ils m'invitent au renouveau , à la beauté, aux plaisirs. Je m'y engouffre avec envie.
jjr
Je connais cet "autre", le regard perçant est revenu mais la peine persiste, se lit et se devine au delà des mots qu lui servent d'exutoire.La bataille est en veille, il faut savoir baisser les armes pour les reprendre le moment venu. Il se donne du temps, une stratégie qui demande force, réflexion, écoute de soi.Tel un soldat qui veut gagner cette bataille il ne laisse rien au hasard, cette probabilité ne lui convient pas, il la condamnerai presque.
RépondreSupprimerCes constats me persuadent qu'il est dans le vrai et que sa vie finira par basculer dans la VIE.