Vayssette,je t'ai rencontré a Belfort dans cette armée ou tu étais canonnier.
vêtu de ce ce treillis trop large,ou ton corps si maigre faisait cliqueter les boucles de tes randgers a chacun de tes pas,ou la casquette visée de travers sur tes cheveux noirs et crépus,te donnait l'air d'un illuminé.Tu ne ressemblais a rien Vayssette ,et surtout pas a un soldat.
Dans la chambrée ou nous logions,ton lit était au centre de la pièce,place de choix pour toi qui aimait poser ton regard sur chacun d'entre nous,et vivre par procuration les gestes de la vie quotidienne.
Ton nez en trompette parsemé de points noirs , surmonté de deux yeux ronds et vides,te donnaient l'air d'un égaré.tu ne ressemblais a rien Vayssette et certainement pas a un appelé.
Au rapport chaque jour les yeux ailleurs,tu attendais que ton nom soit prononcé.
Tu sortait alors du rang,pour récupérer cette lettre de maman,que tu tournais et retournais une vingtaine de fois dans tes mains ,puis tu la passais sous ton nez pour la sentir et la humer sans te hâter quelques minutes encore.Enfin tu déchirais l'enveloppe et débutais la lecture en commençant par par la fin.Tu ne ressemblais a rien Vayssette ,et dans tous les cas pas a un jeune homme qui attend du courrier.
Il ne se passait pas une semaine ou tu ne t'oubliais,ton pantalon en portait les traces,l'odeur elle s'invitait partout ou tu passais.Il fallait te traîner aux sanitaires pour que tu retrouves un semblant de dignité,et cerise sur le gâteau,tu enfermais dans ton armoire tes dessous souillés pour ne pas avoir a t'en occuper.Tu ne ressemblais a rien Vayssette ,et presque pas a un homme civilisé.
Chaque soir pendant tes quartiers libres on pouvait t'apercevoir errant sur les quais de la gare de Belfort a regarder passer les trains sans jamais te lasser .Puis tu déambulais dans les rues de la ville a la recherche de calendriers que buralistes et autres commerçants t'offraient généreusement, et que tu stockais pèle mêle avec tes vêtements. Tu ne ressemblait a rien Vayssette, même pas a un collectionneur.
Durant ces mois de cohabitation je me suis souvent demandé comment tu avais pu être incorporé pour faire le service militaire,tout en toi affiche le handicap,ce qui aurait du t'exonérer de cette contrainte sociétaire.
Quoi qu'il en soit ton souvenir ne me quitte pas , tu fais parti de ses personnes qui marque ma mémoire par leur différence.
C'est vrai que tu ne ressemblais a rien canonnier Vayssette , mais aujourd'hui je dirai avec plus de modération que tu es juste ce garçon fragile,recruté par erreur dans notre grande armée française!. jjr
vêtu de ce ce treillis trop large,ou ton corps si maigre faisait cliqueter les boucles de tes randgers a chacun de tes pas,ou la casquette visée de travers sur tes cheveux noirs et crépus,te donnait l'air d'un illuminé.Tu ne ressemblais a rien Vayssette ,et surtout pas a un soldat.
Dans la chambrée ou nous logions,ton lit était au centre de la pièce,place de choix pour toi qui aimait poser ton regard sur chacun d'entre nous,et vivre par procuration les gestes de la vie quotidienne.
Ton nez en trompette parsemé de points noirs , surmonté de deux yeux ronds et vides,te donnaient l'air d'un égaré.tu ne ressemblais a rien Vayssette et certainement pas a un appelé.
Au rapport chaque jour les yeux ailleurs,tu attendais que ton nom soit prononcé.
Tu sortait alors du rang,pour récupérer cette lettre de maman,que tu tournais et retournais une vingtaine de fois dans tes mains ,puis tu la passais sous ton nez pour la sentir et la humer sans te hâter quelques minutes encore.Enfin tu déchirais l'enveloppe et débutais la lecture en commençant par par la fin.Tu ne ressemblais a rien Vayssette ,et dans tous les cas pas a un jeune homme qui attend du courrier.
Il ne se passait pas une semaine ou tu ne t'oubliais,ton pantalon en portait les traces,l'odeur elle s'invitait partout ou tu passais.Il fallait te traîner aux sanitaires pour que tu retrouves un semblant de dignité,et cerise sur le gâteau,tu enfermais dans ton armoire tes dessous souillés pour ne pas avoir a t'en occuper.Tu ne ressemblais a rien Vayssette ,et presque pas a un homme civilisé.
Chaque soir pendant tes quartiers libres on pouvait t'apercevoir errant sur les quais de la gare de Belfort a regarder passer les trains sans jamais te lasser .Puis tu déambulais dans les rues de la ville a la recherche de calendriers que buralistes et autres commerçants t'offraient généreusement, et que tu stockais pèle mêle avec tes vêtements. Tu ne ressemblait a rien Vayssette, même pas a un collectionneur.
Durant ces mois de cohabitation je me suis souvent demandé comment tu avais pu être incorporé pour faire le service militaire,tout en toi affiche le handicap,ce qui aurait du t'exonérer de cette contrainte sociétaire.
Quoi qu'il en soit ton souvenir ne me quitte pas , tu fais parti de ses personnes qui marque ma mémoire par leur différence.
C'est vrai que tu ne ressemblais a rien canonnier Vayssette , mais aujourd'hui je dirai avec plus de modération que tu es juste ce garçon fragile,recruté par erreur dans notre grande armée française!. jjr
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