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Affichage des articles du 2018

Le Poilu de la grande guerre

Les guerres sont une ignominie. Un moyen, pour ceux qui les déclenchent, d’asseoir leur soif de domination. Une exhortation, pour tous ceux qui les font à laisser naître pour les assouvir, leurs instincts primaires.  l’écoute des histoires guerrières que me racontait Pierre Anè, "dit Pierrougne", a fait naître en moi un profond dégoût pour la barbarie des hommes. Ce vieillard octogénaire, était mon voisin quand je n’étais encore qu’un petit garçon. Chaque jour de l’année, il allait soigner ses poules et passait devant la cour dans laquelle je jouais après l’école, pour rejoindre le poulailler qui jouxtait notre maison. Son passage était pour moi la certitude d’entendre  l'une de ses extraordinaires aventures qu’il avait vécu, pendant la Grande Guerre de 1914-1918. Je m’empressais donc, lors de nos rencontres, de le questionner à ce sujet. Je l’abordais toujours ainsi : -Pierrougne, c’était comment la guerre que vous avez faite ? Le vieil homme ne se faisait pas...

Trinc oun cop de bin

Trinc Oun, un vieil homme de mon village, avait trouvé refuge dans la boisson. Chaque jour qui passait, le laissait ivre mort, d'où ce sobriquet en patois gascon qu'on lui attribuait, pour le nommer. Le soir venu, soutenu par son vélo et zigzaguant sur toute la largeur de la route qui le ramenait chez lui au "bédiau", il chantait à tue- tête une vieille chanson du répertoire français , qui avait pour titre, Les jardins nous attendent. Elle commençait ainsi Mets une robe claire, Voici venir l'été, Les parfums de la terre Sont plein de volupté. La chambre est trop petite Pour notre grand amour. Allons-nous en bien vite Il paraît qu'alentour Chérie, les jardins nous attendent, Car ils ont besoin d'amoureux. Que feraient les pauvres rosiers S'ils n'entendaient plus nos baisers ? Les fleurs sans qu'on le leur demande Font des parterres merveilleux, Et dans tes bras, je suis heureux ! Les oiseaux sont jaloux, ouh ! ouh ...

Marguerite

Je l'ai toujours connue vieille, Marguerite, les cheveux gris tirés en un petit chignon, Le visage émacié, l es yeux minuscules et durs, le corps sec et nerveux. Confortablement installée dans son fauteuil, elle pose son regard sur nous. Elle semble ne pas comprendre la raison de notre présence à ses côtés. Éliane, sa fille trisomique  assise auprès d'elle, lui agrippe le bras en répétant inlassablement:" maman, maman." Nous sommes tous réunis autour d'elle, cinq générations de parents cherchant à renouer des liens distendus, par nos parcours de vie.  Le brouhaha des discussions et les cris des enfants qui jouent,  finissent par entrainer mes pensées vers le souvenir de cette femme à divers moments de sa vie. Marguerite, enfant de l’assistance publique, a été abandonnée à sa naissance, puis placée comme aide dans des fermes agricoles. Elle s'est construite dans l'adversité et les deux grandes guerres qui ont fini par marquer les traits...